Depuis le début de la transition militaire au Gabon, les cas de conflits d’intérêts au sein de l’administration publique se multiplient, suscitant l’indignation des citoyens.

Malgré les promesses de renouveau avec le retour à l’ordre constitutionnel, certaines nominations récentes soulèvent des questions sur l’éthique et la transparence des autorités.

Nomination controversée à l’ANBG

Le 8 novembre 2023, Ruffin Ndjambou a été nommé Directeur général de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) . Cependant, cette nomination a été critiquée en raison de son rôle de président fondateur de l’Institut des Hautes Études Économiques et Entrepreneuriales (IHEE), un établissement privé susceptible de bénéficier des décisions de l’ANBG. Des collaborateurs de l’IHEE ont également été nommés à des postes clés au sein de l’ANBG, renforçant les préoccupations concernant le népotisme et les conflits d’intérêts .

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Passage éphémère au Ministère des Mines

Hervé Patrick Opiangah, nommé Ministre des Mines le 9 septembre 2023 , a été remplacé par Gilles Nembe le 17 janvier 2024 . En tant que PDG de HPO et Associés, une holding active dans le secteur minier, sa nomination a soulevé des inquiétudes quant à la possibilité d’attribution de marchés publics sans appel d’offres en faveur de sa propre entreprise. Son éviction rapide du gouvernement a été perçue par certains comme une tentative de corriger cette situation problématique.

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Concentration de pouvoirs économiques

Le 5 mai 2025, Henri-Claude Oyima a été nommé Ministre d’État de l’Économie, des Finances, des Participations, de la Dette et de la Lutte contre la vie chère . Parallèlement, il conserve ses fonctions de PDG de BGFI Holding Corporation SA, président de la Fédération des Entreprises du Gabon et président du conseil d’administration de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Cette accumulation de responsabilités soulève des préoccupations quant à l’indépendance des institutions économiques et à la possibilité d’influences croisées entre ses différentes fonctions.

Une pratique répandue au Gabon

Au-delà de ces cas emblématiques, il est courant que des hauts cadres de l’administration ou des employés des multinationales créent des PME de sous-traitance pour capter une part des fonds publics destinés à la main-d’œuvre. Cette pratique, bien que connue, semble désormais tolérée, voire institutionnalisée, au sein de l’appareil étatique.

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Ces situations déplorables mettent en lumière la nécessité d’instaurer des mécanismes de contrôle stricts pour prévenir les conflits d’intérêts et garantir une gouvernance transparente. Alors que le Gabon aspire à une transition réussie vers un ordre constitutionnel stable, il est impératif que les autorités démontrent un engagement réel envers l’éthique et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.