Dans une scène choquante et déchirante, Monseigneur Jean Patrick Iba-ba, Archevêque de Libreville et Président du bureau du Dialogue National, a ordonné aux victimes et aux parents des victimes des crises post-électorales de 2009 et 2016 de « dégager » des abords de l’église où il loge. Sous le cri de « Dégagez de là! », l’Archevêque a repoussé ceux qui cherchaient justice et réconfort auprès de lui dans la nuit du samedi 30 mars 2024.

Cette réaction a non seulement surpris, mais aussi indigné ceux qui attendaient un soutien moral et peut-être même une médiation de la part d’une figure religieuse éminente. Au lieu de cela, Monseigneur Iba-ba a plutôt choisi de renier sa responsabilité de représentant du Dialogue National en rejetant ceux qui réclamaient simplement vérité et réparation.

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Ce triste événement met en lumière un problème plus profond dans la relation entre l’Église et l’État au Gabon. Depuis l’ère du règne de Bongo père, les Archevêques de Libreville ont toujours été critiqués pour leur apparente complaisance envers les autorités politiques. Ils sont accusés d’avoir abandonné leur vocation sacrée pour servir les intérêts des dirigeants corrompus.

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Alors que les voix des opprimés et des marginalisés réclament justice, la réaction de Monseigneur Iba-ba soulève des questions sur l’intégrité morale et le rôle de l’Église dans la société gabonaise. L’heure est venue pour les leaders religieux de réaffirmer leur engagement envers les principes de compassion, de justice et de réconciliation, plutôt que de se compromettre avec le pouvoir politique.

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En cette période de troubles et d’incertitude marqué par une transition opaque, les citoyens du Gabon cherchent des guides moraux dignes de confiance. L’Archevêque Jean Patrick Iba-ba, par ses actions répréhensibles, a manqué à cette responsabilité sacrée et a trahi la confiance placée en lui par ceux qui cherchent désespérément la vérité et la réconciliation au sein de l’Église.