Chaque jour, ici ou ailleurs, il y a des milliers d’usagers de la route qui sont lésés par des agents de force de sécurité chargés de réguler la circulation et d’assurer la sécurité des biens et des personnes qui ont transformé les postes de contrôle en stations de péage.

Entre traffic d’influence, abus de pouvoir, amendes factices et confiscations des documents du véhicule, le sort des transporteurs urbains et périurbains, pour la plupart des expatriés, est moins enviable. « Chaque jour, on doit saluer le képi du chef ou verser une tontine qu’on ne touche jamais à notre tour », se plaint Gustave, un taximan qui vient de se faire arrêter et inviter à rejoindre les agents de police au carrefour PK5 sous la bâche.

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Pourtant, rappelons-le, aucune disposition légale ne confère à un agent de sécurité, peu importe son grade, de confisquer le permis de conduire d’un conducteur ou de lui sommer de payer jusqu’à 5 000 FCFA sans reçu et parfois par Airtel Money, donc aucune traçabilité administrative. Ce fléau qui gangrène les forces de sécurité et de défense est souvent entretenu par la hiérarchie qui se partage le butin avec les « éléments » placés chaque jour dans coins stratégiques pour récolter les sous.

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Au regard de la vulgarisation de ce fléau, certains usagers de la route ne jugent plus utile de se mettre à jour et de réaliser, dans les délais, les visites techniques puisqu’ils savent que le mot de passe c’est un billet de banque. Ce qui peut constituer un véritable danger pour l’ensemble de la société d’emprunter des moyens de transport peu sécurisant.

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Cette pratique profondément ancrée dans les habitudes des policiers et gendarmes gabonais leur vaut l’appellation de « mange mille », en référence au billet de mille francs qui, a leur yeux, a beaucoup plus de valeur que le permis de conduire, la carte grise et les autres pièces afférentes à la mise en circulation du véhicule. Que devrait-on faire pour venir à bout de ce fléau ?