Le récent congrès de la communauté musulmane gabonaise pour désigner le président du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) a abouti à l’élection de l’Imam Benyamin Andjoua Obolo, avec une majorité écrasante de 37 voix sur 41. Cependant, malgré cette clarté dans les résultats, des controverses et des allégations d’ingérence politique continuent de secouer la communauté.

Le congrès, qui s’est tenu du samedi 16 au dimanche 17 mars 2024, a été marqué par un consensus évident en faveur de l’Imam Benyamin Andjoua Obolo. Cependant, certains médias, dont Gabon Première, ont été accusés de déformer les faits en présentant le perdant, Abdoul Razack Kabogo, comme le vainqueur de l’élection, semant ainsi la confusion parmi le public.

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Selon des sources au sein du CSAIG, Abdoul Razack Kabogo, qui n’a reçu aucune voix lors du scrutin, serait le choix du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Cette ingérence politico-militaire présumée dans les affaires religieuses aurait pour but d’avoir la mainmise sur la communauté musulmane et d’influencer ses décisions comme à l’ère de son prédécesseur Ali Bongo Ondimba. Cette situation soulève des préoccupations quant à l’indépendance et à l’autonomie de la communauté musulmane vis-à-vis du pouvoir politique au Gabon.

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Une source au sein du CSAIG a souligné que le choix d‘Abdoul Razack Kabogo, un politicien et Secrétaire Général du Gouvernement (SGG), par un président qui est chrétien et soupçonné d’être un franc-maçon, constitue une intrusion inacceptable dans les affaires religieuses. Cette tentative perçue de contrôle de la part du pouvoir politique met en évidence les tensions persistantes entre la sphère religieuse et le pouvoir étatique au Gabon.

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Malgré les contestations et les allégations d’ingérence, l’élection de l’Imam Benyamin Andjoua Obolo représente un moment crucial pour la communauté musulmane gabonaise, qui cherche à préserver son autonomie et son intégrité dans un contexte politique complexe.