Le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) a été chargé de huit (8) missions cruciales, telles que définies dans l’article 2 de la Charte de la Transition et publiées au Journal Officiel des Actes de la République Gabonaise. Ces missions, conçues pour guider la transition vers un avenir politique stable et démocratique, sont essentielles pour le développement véritable du Gabon.

Cependant, malgré l’orientation claire donnée à la transition, il semble que la nouvelle classe dirigeante soit tentée de s’éloigner des missions assignées. Au lieu de se concentrer sur la refondation de l’État, la préservation de l’intégrité nationale, le renforcement de l’indépendance de la justice, et d’autres réformes cruciales, il est observé que les finances publiques sont engagées dans la construction des infrastructures, les acquisitions et les investissements à risque. Par ailleurs, on note des campagnes de propagande politique et des campagnes d’acceptation menées à travers le pays en faveur du Président de la Transition.

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Selon l’article 2 de la Charte de la Transition écrite par le CTRI lui-même, « Les missions de la Transition consacrées par la présente Charte sont notamment :

  • La refondation de l’Etat afin de bâtir des Institutions fortes, crédibles et légitimes garantissant un Etat de droit, un processus démocratique transparent et inclusif, apaisé et durable, seules garanties pour un développement véritable du Gabon ;
  • La préservation de l’intégrité du territoire national et de la sécurité des personnes et de leurs biens ;
  • L’engagement de réformes majeures sur les plans politique, économique, culturel, administratif et électoral ;
  • Le renforcement de l’indépendance de la Justice et la lutte contre l’impunité ;
  • La promotion et la protection des Droits de l’Homme et des libertés publiques ;
  • L’instauration d’une culture de bonne gouvernance et de citoyenneté responsable ;
  • L’élaboration d’une nouvelle Constitution et son adoption par référendum et
  • L’organisation des élections locales et nationales libres, démocratiques et transparentes. »

Il n’est nullement question de contracter des crédits, de procéder à des acquisitions, à des investissements ou de réaliser des infrastructures en engageant les finances de l’Etat. Pire encore, l’opinion semble entretenue – à dessein – dans une confusion entre l’État gabonais et le CTRI qui dit être la source de tous ces financements. Cette déviation flagrante des missions assignées est préoccupante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle risque de compromettre les progrès vers la construction d’institutions fortes et légitimes, essentielles pour garantir l’État de droit et un processus démocratique transparent. De plus, cela pourrait saper l’engagement en faveur des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et de la citoyenneté responsable, des aspects cruciaux pour le développement durable du Gabon.

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Il est impératif que le CTRI et les autorités de transition réévaluent leurs priorités et se recentrent sur les missions énoncées dans la Charte de la Transition. Il est essentiel de garantir que les ressources publiques sont utilisées de manière responsable et efficace pour répondre aux besoins prioritaires du pays, et non pas pour des projets à haut risque ou des campagnes politiques.

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En cette période critique de transition politique, il est crucial que les dirigeants actuels se montrent responsables et déterminés à respecter les engagements pris envers le peuple gabonais. L’avenir du Gabon dépend de la manière dont ces missions seront menées à bien, et il est essentiel que la nouvelle classe dirigeante reste fidèle à la vision de la transition vers un avenir meilleur pour tous.