Ce weekend, Laurence Ndong, Ministre gabonaise de la Communication et des Médias, a suscité une vive polémique en convoquant les dirigeants des médias publics, notamment ceux du Groupe Gabon Télévisions, pour les réprimander publiquement, devant les caméras.

La raison de cette convocation ? Trois reportages diffusés sur Gabon Première, une chaîne publique nationale du Groupe Gabon Télévisions, concernant les activités du Parti Démocratique Gabonais (PDG), parti qui a perdu en crédibilité depuis le coup d’État du 30 août 2023.

La Ministre reproche aux journalistes d’avoir couvert les activités du PDG, qu’elle accuse d’avoir précipité le pays dans une crise persistante pendant plus d’un demi-siècle de règne. Elle va jusqu’à affirmer que les médias ne devraient plus couvrir les événements liés à ce parti.

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Cependant, cette intervention de Laurence Ndong est critiquée pour son caractère maladroit et sa violation flagrante des articles 11, 20 et 21 du Code de la Communication en République Gabonaise. L’article 11 stipule clairement que toute forme de censure en matière de communication constitue une violation des droits de l’Homme, tandis que l’article 20 garantit le pluralisme et l’indépendance des médias ainsi que l’accès équitable des partis politiques à ces médias.

Pourtant, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) n’a pas été dissous, ce qui signifie que, selon la réglementation en vigueur, les médias publics sont en droit de couvrir ses activités politiques sans censure comme celles du Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI). Une mesure qualifiée d’inique et liberticide par certains observateurs.

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De plus, alors que la Ministre insiste sur la neutralité politique pendant la période de transition, Gervais Oniane, Haut Représentant du Président de la Transition et Président de l’Union Pour la République (UPR), anime des causeries politiques à travers le pays, appelant même Oligui Nguéma à se présenter à l’élection présidentielle à la fin de la transition.

La situation est d’autant plus grave car Laurence Ndong a elle-même fait réaliser un reportage par son Conseiller en Communication, Carnaud Atome Mengue, violant ainsi l’article 43 du Code de la Communication qui interdit aux journalistes de se mettre en situation de conflit d’intérêt. La Haute Autorité de la Communication (HAC) avait déjà attiré l’attention des professionnels des médias sur ces dérives.

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Cette ingérence excessive dans la liberté de la presse a suscité de vives réactions parmi les observateurs, qui dénoncent l’ignorance de la Ministre vis-à-vis des textes réglementaires et la remettent en question quant à sa compréhension des principes fondamentaux de la démocratie et de la liberté d’expression.