Un incident choquant s’est produit ce vendredi 9 février à Moanda, alors que le Président de la Transition, Oligui Nguéma, effectuait une visite dans le quartier Leyima. Au cours de cette visite, prévue pour inaugurer de nouvelles infrastructures et superviser des chantiers, une confrontation publique a éclaté entre les cadres locaux qui accompagnaient le Président et les habitants.

La tension est montée lorsque les habitants ont exprimé leur mécontentement face à la politique de relogement menée par l’entreprise Comilog, dans le cadre de l’expansion de ses activités d’exploitation du manganèse. Les populations ont hué publiquement les élus locaux et les responsables des entreprises locales qui accompagnaient le Président. Choisis comme porte-parole par les populations, un jeune riverain a été pris pour cible par le président de la Transition qui n’a pas apprécié cet accueil peu cordial.

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Oligui Nguéma, visiblement irrité par la résistance des habitants, a publiquement insulté et humilié le jeune homme placé en retrait sous surveillance militaire, le qualifiant de « voyou » et de « manipulateur ». Cette scène dégradante a eu lieu devant toute la population présente, et a été perçue comme un manque flagrant de maitrise de soi, surtout lorsqu’on est Chef d’Etat, ne fut-ce, de Transition.

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Le plus alarmant dans cette affaire est la réaction des habitants de Leyima, qui ont semblé abandonner leur représentant pour applaudir les propos offensants du Président. Ce geste soulève des questions sur la loyauté des citoyens envers ceux qui défendent leurs intérêts, et met en lumière la complexité des dynamiques de pouvoir dans la région.

Pire encore, des rumeurs circulent selon lesquelles le jeune homme aurait été arrêté pour trouble à l’ordre public, dans l’indifférence générale de la population de Leyima. Si l’information est avérée, cette répression brutale soulèverait de sérieuses préoccupations quant au respect des droits fondamentaux et à la liberté d’expression dans la région.

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Cette affaire devrait inciter à une réflexion approfondie sur les relations entre les dirigeants et les citoyens, ainsi que sur la manière dont les intérêts des communautés locales sont pris en compte dans les décisions politiques et économiques. En attendant, elle laisse un goût amer dans la bouche et souligne l’urgence d’une action pour garantir le respect des droits et des libertés de tous les citoyens.