Dans un Gabon marqué par des disparités économiques criantes, une réalité préoccupante subsiste depuis des décennies, mettant en lumière les privilèges extravagants accordés aux hauts fonctionnaires, la bourgeoisie, tandis que la population ordinaire, le prolétariat, lutte pour joindre les deux bouts. Regards croisés sur un système d’inégale répartition des ressources nationales conçu pour durer.

Au cœur de cette problématique se trouve un système de privilèges exorbitants octroyés aux élites gouvernementales et administratifs. En effet, lorsqu’une personne accède à une haute fonction, elle se voit non seulement attribuer un salaire généreux, mais également une maison et un véhicule gracieusement offerts par l’État. Ces avantages, financés par le contribuable, ne s’arrêtent pas là. Les hauts fonctionnaires bénéficient d’exemptions de paiement pour l’eau et l’électricité, ainsi que des voyages payés avec les fonds publics. De plus, leurs achats dans des certaines magasins sont exempts de taxes, ajoutant à leur confort financier déjà bien établi.

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En contraste frappant, le citoyen lambda, dépourvu d’emploi ou de source de revenu stable, est confronté à une multitude de dépenses quotidiennes. Du loyer aux services publics, en passant par les taxes diverses telles que la Commission sur les Ordures Ménagères (COM – payée à la SEEG), la Redevance Audiovisuelle et Cinématographique (RAC – payée à Canal +) ainsi que la Contribution Spéciale de Solidarité (CSS – payée dans la plupart des commerces), la charge financière sur les épaules des citoyens ordinaires devient rapidement écrasante.

Cette situation crée un cercle vicieux d’injustices sociales et économiques, alimentant les écarts de richesse déjà béants dans le pays. Les hauts fonctionnaires, censés servir l’intérêt public, bénéficient de privilèges excessifs aux dépens du contribuable moyen, qui travaille dur pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Au regard des nouvelles orientations économiques prises par les nouvelles autorités, la situation est loin de connaître son épilogue. Avec la date de départ à la retraite des agents civils de l’État revue à 62 ans tandis que les jeunes croupissent dans un chômage endémique et la revalorisation des salaires des militaires et l’institution d’une prime de « coup d’État » à leur faveur, les Gabonais « d’en-bas » voient le sol se dérober sous leurs pieds.

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Il est crucial de souligner que les salaires et les avantages extravagants des hauts cadres sont financés par les impôts prélevés principalement sur les citoyens ordinaires. Ces derniers, qui peinent à joindre les deux bouts, voient une part disproportionnée de leurs revenus être utilisée pour soutenir un système qui ne fait que perpétuer les inégalités sociales et économiques.

Face à cette réalité troublante, il est impératif que des mesures significatives soient prises pour réformer ce système injuste où la transparence économique se limite dans les chiffres annoncés mais ne se reflète pas sur le mode de vie de la population qui crie à la vie chère. Il est temps de rééquilibrer la répartition des ressources nationales afin de garantir une société plus équitable et inclusive pour tous les Gabonais. L’argent et les biens saisis au domicile des dirigeants déchus doivent être évalués et communiqués en plus des recettes fiscales et pétrolières.

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En fin de compte, l’avenir du Gabon dépend de sa capacité à mettre fin à un régime économique qui enrichit les plus riches tout en appauvrissant les plus pauvres. Seule une action décisive et concertée peut apporter les changements nécessaires pour construire un avenir plus juste et prospère pour tous en marquant une rupture totale avec un système où un patronyme ou une appartenance ethnique ou religieuse prime sur la compétence et le bon sens.