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Face au refus catégorique du Directeur Général de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) de régler la prime du 13e mois sur ordre du Président du Conseil d’Administration, les agents membres du Syndicat National des Travailleurs du secteur de l’Eau et de l’Électricité (SYNTEE+) on initié un mouvement d’humeur le vendredi 8 décembre dernier. Des tensions ont éclaté au siège social de l’entreprise. Les forces de défense et de sécurité ont été appelées pour réprimer les manifestants.

En séjour à Ndéndé, dans la province de la Ngounié, le Président de la Transition a commenté sur un ton très ferme le mouvement d’humeur des agents de la SEEG : « J’ai ici les services de renseignement. Ce syndicat qui se croit plus fort que l’État. Je veux des fiches, là où ils habitent, et ils comprendront, a déclaré le général Oligui Nguema. On va aller les chercher maison par maison, ce n’est pas 2 500 agents qui vont nous emmerder », a même ajouté le chef de la junte.

Une sortie publique interprétée diversement au sein de l’opinion. Même certains cautionnent ces menaces venant de la plus haute autorité du pays, d’autres estiment, en revanche que les mots et la circonstance ont été mal choisis. Quoiqu’en « régime d’exception », la Charte de la Transition consacre les libertés fondamentales aux citoyens et pour les travailleurs, le droit de grève en est un. Menacer ouvertement une partie de la pour avoir les acclamations dune autre n’est certainement pas une démarche satisfaisante dans le règlement de conflits.

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Devant ces propos d’une extrême gravité, le Syndicat National des Travailleurs du secteur de l’Eau et de l’Électricité (SYNTEE+) a réagi lundi. Le porte-parole de l’organisation syndicale s’est adressé au Président et s’est dit « étonné » par ses menaces : « Vous mettez à contribution tous vos services de renseignement pour nous ramasser ? Mais qu’en est-il des directeurs généraux qui ont causé cette situation », a demandé Éric Josué Bouanga Moussavou avant de renchérir : « Nos vies sont en danger ». Le Général Brice Clotaire Oligui Nguéma qui n’a pas apprécié cette intervention, a mobilisé ses hommes pour arrêter les 7 leaders syndicaux présents lors de cette déclaration et les raser la tête, y compris pour la dame.

Pourtant la Charte de la Transition rédigée par le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) parue au Journal Officiel des Actes de République Gabonaise le 4 septembre 2023 sous le N°225 bis dispose en son Article 11 que : « Nul ne peut faire l’objet de tortures, de peines ou de traitements cruels, dégradants ou inhumains ». L’Article 17, quant à lui, stipule que : « Le domicile est inviolable et le secret de la correspondance est garanti à tous les citoyens ». Comment le croire lorsque le principal rédacteur de cette charte menace d’aller chercher « maison par maison » des fonctionnaires qui revendiquent leurs droits avec des services de renseignements qui épient la population même dans son intimité ?

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L’Article 21 de la même charte censée régir le fonctionnement de la transition énonce que : « Tout citoyen a droit au travail et à une juste rémunération. Nul ne peut-être lésé dans son emploi en raison de son origine, de sa religion, de son sexe ou de ses opinions », ce qui ne semble pas être le cas avec les récents événements qui ont commencé avec la répression des manifestants et ont abouti à l’incarcération des leaders syndicaux.

« Les libertés d’opinion, d’expression, de conscience et de culte sont garanties. Les conditions de leur exercice sont définies par la loi », énonce l’Article 23 de la Charte la transition. L’Article 26 , lui, stipule que : « Le citoyen gabonais séjournant ou résidant à l’étranger bénéficie de la protection de l’Etat dans les limites fixées par les lois du pays d’accueil ainsi que des accords internationaux dont le Gabon est partie ». Un article qui va en contradiction avec les nouvelles autorités de la transition au moment où certains gabonais sont livrés à la vindicte populaire par ceux même censés les protéger.

Pour avoir revendiquer leurs droits, notamment, le paiement du 13e mois, l’intégrité physique de 7 leaders du Syndicat National des Travailleurs du secteur de l’Eau et de l’Électricité (SYNTEE+) a été menacée. Arrêtés arbitrairement et détenus pendant plusieurs jours dans les locaux de la Direction Générale des Contre-Ingérences et de la Sécurité Militaire appelée communément « B2 », siège des services de renseignements, les agents de la Société d’Eau et d’Energie du Gabon (SEEG) ont recouvré la liberté ce jeudi 14 décembre 2023, non pas sans s’être faits raser le crâne comme des vulgaires criminels. Une humiliation pour ces pères et mères de familles gabonais.

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Pendant ce temps, des révélations choquantes font état d’une gabegie financière dans la part la direction de la SEEG qui refusent d’accéder aux revendications des agents. L’entreprise louerait une villa de 11 chambres, dont 3 VIP, à Abidjan, en Côte d’Ivoire pour un peu plus d’un demi-milliard par an. Des faits corroborés par un contrat signé en mars 2023 après l’arrivée de la nouvelle équipe à la tête de la SEEG. Tout comme les autres sociétés étatiques dont les responsables mafieux nommés par Nourredin Bongo Valentin et son « song » ont été boutés dehors, pourquoi le cas de la SEEG semble faire exception pour le président Oligui Nguéma ? Pourquoi ce sont des simples agents qui exécutent les orientations de la hiérarchie qui sont accusés des manquements de cette société ?

Le CTRI est appelé à suivre avec la même diligence ces révélations troublantes qui impliquent les responsables de la SEEG pour une manifestation de la vérité et la restauration de la dignité des Gabonais.


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