Marie-Joséphine Kama, plus connue sous le pseudonyme de Patience Dabany, 82 ans, mère du président déchu Ali Bongo, avait observé, le 29 novembre dernier, un sit-in solitaire sous un soleil d’aplomb devant la résidence de son fils dont l’accès lui avait été refusé par les militaires en faction.

Déboutée par les nouvelles autorités de la transition dans son désir de voir son fils et panser ses blessures physiques et psychiques, Patience Dabany, désormais en résidence surveillée, a choisi la voie des réseaux sociaux pour crier toute sa colère et révéler à l’opinion publique la « séquestration » bien orchestrée dont son fils serait victime malgré l’annonce du Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) qui le déclarait « libre de ses mouvements ».

Refus d’accès à la résidence et sit-in

Il y a près de deux semaines de cela, Patience Dabany a été bloquée à la guérite de la résidence privée de son fils Ali Bongo Ondimba à la Sablière. Elle a été empêchée de lui rendre visite et de rester à son chevet pour lui « soigner sa blessure au pied et au bras » pourtant il avait été annoncé « libre de tout ses mouvements » par les putschistes le 6 septembre 2023.

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Devant cet acte de mépris, elle avait alors entamé un sit-in à l’entrée de la résidence pour manifester son mécontentement contre cette restriction sans fondement aucun alors que le Général Brice Oligui et ses « petits niangous » voient leurs familles librement. Des images amateurs de la scène ont fait le tour de la toile suscitant ire et railleries.

Séquestration chez elle par l’armée

Malmenée, épuisée puis reconduite chez elle à Likouala, dame Kama est désormais surveillée 24H/24 par les militaires qui observent le moindre de ses mouvements. On lui a même interdit les sorties au motif qu’elle irait voir son fils, a-t-elle dénoncé dans des notes vocales devenues virales sur les réseaux sociaux.

Si Ali Bongo est libre et qu’il reçoit les officiels étrangers sur les images diffusées à la télévision nationale, pourquoi sa propre mère ne pourrait pas le voir ? Une situation qui fâche davantage dame Kama surtout sachant qu’Oligui, le donneur d’ordres, voit ses parents librement. Ali Bongo « est-il vivant ou mort », s’est-elle interrogée car, en effet, depuis son accident vasculaire cérébral, la famille d’Ali Bongo a été écartée du palais et privée de visite. Si à l’époque Sylvia Bongo était désignée comme la donneuse d’ordres, la famille ne comprend pas pourquoi la situation n’a pas évolué malgré l’incarcération de Sylvia.

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Coup de gueule, menaces et injures

Fatiguée de supporter ce petit manège depuis 2018, date l’accident vasculaire cérébral de son fils, Marie-Joséphine menace désormais de « tout gaspiller » en révélant des secrets qui pourraient compromettre le pouvoir d’Oligui Nguema.

Dans un coup de gueule au bord d’une crise de nerfs, elle a proféré des injures au Président de la transition gabonaise. Dans une séquence, on l’entend dire : « Si Sylvia est une voleuse, lui aussi c’est un voleur. Ils ont volé ensemble ». Un peu plus tard, elle renchérit : « Ali Bongo l’a nourri jusqu’à faire de lui un Général, ce chien-là ! », parlant de la proximité de son fils déchu et de son tombeur désormais à la tête du pays.

« Vous pouvez aller lui dire, je n’ai pas peur », conclut-elle sur la même lancée. Patience Dabany ne compte pas subir son interdiction de sortie encore longtemps. Elle appelle le Général Brice Clotaire Oligui Nguema à ordonner le départ de ses hommes de chez elle.

Des questionnements et des inquiétudes dans l’opinion

Cette sortie tonitruante de Marie-Joséphine Kama, la mère présumée d’Ali Bongo soulève des questionnements qui taraudent les esprits de certains observateurs. Depuis son AVC, Ali Bongo Ondimba n’a plus réellement été en contact avec sa famille. Une situation qui a créé des tensions au sein des clans Ondimba et Dabany.

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Le Général à la retraite Jean Boniface Assélé, son oncle maternel, avait fait une sortie lui aussi, sur sa radio Génération Nouvelle pour dénoncer cet omerta sur son état de santé estimant que son neveu pourrait même ne plus être de ce monde. Sa fille Nicole Assélé avait démenti en traitant son père de sénile. Patience Dabany, était ensuite parue à la télévision nationale pour demander à son frère de « laisser [s]on fils tranquille » avant de lâcher le fameux « enough is enough » devenu culte.

Et si finalement les interventions de La Mama confirmaient qu’Ali Bongo Ondimba n’est plus et que finalement c’est un sosie qu’on évite de lui présenter ? Plusieurs théories du complot naissent, malheureusement, l’attitude des nouvelles autorités de la transition marquée par une communication répressive ne participe à faire dissiper les doutes.