Recherchés depuis le 7 novembre dernier par leurs proches, les frères Ayami ont recouvré ce soir leur liberté, relâchés par leur bourreau, un rival militaire qui voulait se faire justice lui-même dans un pays de droit quoique sous régime spécial.

Les deux frères kidnappés par un militaire pour une sombre affaire de rivalité ont été relâchés vendredi en soirée. Aussitôt libres, ils se sont rendus dans une église où leurs proches priaient pour qu’on les retrouve saints et saufs. Interrogés par la famille, ils ont révélé avoir été gardés à vue dans un commissariat en violation des lois.

Selon les textes en vigueur, on ne peut pas arrêter quelqu’un de façon arbitraire sans lui signifier ses droits et le garder une dizaine de jours sans le déférer ni informer ses proches. Cela est qualifié de séquestration même si les fait ont eu lieu dans un commissariat censé être un lieu où prévaut la justice. Le code de procédure pénale limite la durée de garde à vue à 48 heures renouvelables par décision du procureur de la République (cf. Art. 50).

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Par ailleurs, tout homme en tenue ne peut ordonner une mise en garde à vue. Sur le terrain, beaucoup d’hommes en tenue (policiers, gendarmes) n’ont pas la qualité d’Officier de Police Judiciaire, et se permettent malheureusement d’ordonner des gardes à vue abusives. Seules les personnes suivantes peuvent ordonner une mise en garde à vue. Il s’agit des Procureurs de la République, leurs adjoints et leurs substituts, les juges d’instructions, les gouverneurs, préfets et sous-préfets, les maires et leurs adjoints, les officiers de gendarmerie, les sous-officiers titulaires du diplôme de la police judiciaire ainsi que les commandants de brigade et les chefs de poste nominativement désignés par arrêtés du Ministre de la justice et les officiers des force de police nationales titulaires du diplôme de police judiciaire (cf. Art. 17)

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Devant ce qui se présente comme un règlement de compte par un dépositaire de l’autorité publique en violation des dispositions légales, les collègues du militaire hors-la-loi et le chef de brigade ne peuvent pas dire qu’ils n’en savaient rien car ce sera trop facile d’arrêter quelqu’un sans motif et le coffrer autant de temps sans donner de raisons. Nul ne peut se faire justice soi-même.

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Il a fallu que l’on fasse le tapage médiatique pour que le tout-puissant militaire les fasse libérer nuitamment. Être militaire est-ce être au-dessus des lois ? La société civile appelle les victimes à porter plainte pour séquestration pour que justice, si elle existe réellement dans ce pays, soit rendue.