Depuis le coup d’État du 30 août, et à mesure que le temps passe, les Gabonais s’interrogent désormais sur le jeu politique des autorités de la transition. Entre la restauration des institutions et la campagne de légitimisation engagée sur le plan international, il est difficile pour la nouvelle dirigeante de se départir des mauvaises habitudes héritées du Parti Démocratique Gabonais (PDG) qui a pris le pays en otage pendant plus d’un demi-siècle.

Brice Clotaire Oligui Nguema, le Président de la Transition, s’est rendu ce samedi à Brazzaville où il a pris part au segment présidentiel du Sommet sur les forêts tropicales. Pour son retour, ses collaborateurs et son service de communication a fomenté un retour triomphal pour lui en invitant les populations à l’aéroport international de Libreville dès 14 heures. Finalement, c’est à 21 heures qu’il a été reçu par des Gabonais et des ressortissants étrangers vivant au Gabon.

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Pancartes, banderoles et t-shirts à l’effigie du nouvel homme fort du Gabon, tout était préparé pour donner l’impression d’un soutien spontané. Les initiateurs de ce « coup de communication » ont voulu suivre le modèle du Niger où les populations sont venues nombreuses soutenir les putschistes dans l’un des plus grands stades du pays. Un acte de souveraineté nationale interprété par beaucoup d’observateurs comme la caution du peuple vis-à-vis du Général Tchiani et ses hommes.

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Mais ils ont oublié que « L’autorité ne s’exige pas. Elle se consent », comme le soutient Tidjane Thiam. Le secret du commandement, c’est de comprendre que l’autorité vient d’en bas, pas d’en haut. Changer un système c’est bien, mais recevoir l’approbation du peuple par un processus démocratique c’est encore mieux. Enfin … c’est logiquement comme ça que les choses doivent se passer dans un vrai système républicain. Malheureusement, nous constatons, pour le déplorer, que l’oliguisme (version 2.0 du bongoïsme) ne conduit inexorablement qu’au culte de la personnalité ou, au pire des cas, à la servitude volontaire.

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Pourtant, la loyauté a une frontière, au-delà, c’est le larbinisme. Beaucoup de « cons patriotes » semblent avoir franchi cette frontière. Cela a été difficile pour eux de cacher leur jeu. En deux (2) mois, ils ont laissé leurs vieilles habitudes héritées du PDG reprendre le dessus. A beau chasser le naturel, il revient au galop. « Kounabeliste un jour, kounabeliste toujours ! », c’est le slogan.