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La nouvelle est tombée ce samedi après-midi comme un couperet. Hervé Patrick Opiangah (HPO) a été porté à la tête du très sensible Ministère des Mines. Une pilule difficile à avaler pour beaucoup de Gabonais qui connaissent bien — trop bien même, d’ailleurs — la réputation de l’homme écornée entre démêlés judiciaires et dépravation de mœurs.

Le Président de la transition, le Général Brice Clotaire Oligui a placé sa confiance en la personne de Hervé Patrick Opiangah, dit « Aigle Rouge ». Originaire de la ville minière de Moanda, dans le Haut-Ogooué (au sud-est du Gabon), Opiangah traine derrière lui beaucoup de casseroles à son actif. C’est un secret de Polichinelle. Brice Oligui, responsable des services de renseignements, le sait beaucoup mieux que quiconque.

Démêlé judiciaire assorti d’un emprisonnement

Hervé Patrick Opiangah connaît bien l’univers carcéral gabonais. Il a séjourné dans un quartier de la prison centrale de Libreville appelée communément « Sans Famille » pendant environ un an, trois mois et 3 semaines, pour être précis. En effet, âgé seulement de 33 ans à l’époque, Hervé Patrick Opiangah, propriétaire d’une société privée de sécurité aux ambitions politiques claironnées, avait été arrêté le 15 novembre 2004 avec « ses vigiles armés devant le Palais du bord de mer pendant qu’ils manifestaient sans autorisation », renseigne une source autorisée.

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Il s’agissait d’un attroupement armé devant un endroit hautement sensible, en l’occurrence, le Palais présidentiel. Ce qui lui a valu 482 jours de détention dans un établissement pénitentiaire de la capitale où il a même développé une passion pour l’écriture afin d’occuper ses journées.

Pédocriminalité et inceste

Hervé Patrick Opiangah est également beaucoup cité dans des scandales sexuels au Gabon. De Mounana à Libreville, HPO n’a pas bonne presse. Au cours de l’an 2022, sa réputation a particulièrement été ternie par l’affaire dite Capellogate, un scandale de pédocriminalité dans le monde du sport gabonais portée au grand jour par Romain Molina, journaliste sportif et d’investigation francais publiée dans les colonnes du média britannique The Guardian.

Cité aux côtés d’autres acteurs sportifs à la probité douteuse qui conditionnaient l’accès à l’équipe nationale par une insufflation de la « présence d’esprit », Opiangah, propriétaire du CF Mounana, a toujours usé de ses relations au sein de l’affaire étatique pour se tirer d’affaire. Alors que Patrick Assoumou Eyi alias Capello, Coach Kolo et Orphée Mikala ont été emprisonnés, HPO semble jouir à ce jour d’une inimitié à tous les niveaux.

Dans sa famille et son entourage, Opiangah n’est pas le parfait homme d’affaires qu’il feint d’être. À Mindoubé 2, dans le 5e arrondissement de Libreville, tout le monde sait que Hervé Patrick Opiangah a répudié son épouse et l’a fait exiler en France pour se mettre librement en couple avec la fille de cette dernière, c’est-à-dire, sa belle-fille qu’il a lui-même hébergé dans sa maison (en face du nouveau lycée Raymond Bouka) et qui l’appelait « papa ».

La fille ne pouvant supporter les regards des voisins l’accusant d’avoir volé le mari de sa génitrice a demandé à déménager avec son chéri pour savourer leur amour en toute quiétude. C’est un manque de scrupule grave qui ne devrait caractériser une personne portée à une haute fonction de l’État qui engage l’image de la nation toute entière.

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Eu égard à ces précédents, il convient ici de souligner que la nomination de Hervé Patrick Opiangah au Gouvernement de Raymond Ndong Sima va à l’encontre du principe de probité morale prôné le Président de la transition. En effet, le point 6 de l’Article 44 de la Charte de transition du 2 septembre 2023 stipule que pour être nommé membre du Gouvernement de transition, il faut jouir d’une « bonne moralité ». L’opinion s’interroge alors : par quelle alchimie, le sulfureux Opiangah a-t-il été porté à la tête du Ministère des Mines alors que le Général Brice Clotaire Oligui Nguema a promis des enquêtes de moralité préalables ?

Conflit d’intérêts et risque d’enlisement

Hervé Patrick Opiangah est propriétaire d’une holding composée de six entreprises opérant dans divers domaines au Gabon. Parmi celles-ci, il y a SGTP Mines spécialisée dans l’extraction des produits issus de l’exploitation des mines et carrières. Créée en 2018, elle ambitionne d’être « un acteur incontournable dans la réalisation des infrastructures industrielles, économiques et sociales », indique la description sur le site officiel de l’entreprise.

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Désormais Ministre des Mines, Opiangah pourrait donc aisément détourner les projets de l’État pour en confier l’exécution à SGTP Mines en violation du Code des Marchés Publics en vigueur en République gabonaise. Cela pourrait constituer un conflit d’intérêts lors de l’attribution des marchés publiques. En d’autres termes, une personne qui participe au déroulement de la procédure de passation du marché ou est susceptible d’en influencer l’issue a, directement ou indirectement, un intérêt financier, économique ou tout autre intérêt personnel qui pourrait compromettre son impartialité ou son indépendance dans le cadre de la procédure de passation du marché.

La nomination de Hervé Patrick Opiangah continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion nationale ainsi que dans la diaspora. Une pétition a été lancée ce samedi 9 septembre pour exiger sa démission du Gouvernement de transition. La réaction du Général Brice Clotaire Oligui Nguema est très attendue la semaine prochaine.


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