En pleine vacances scolaires, les chefs d’établissements du Gabon, principalement les responsables d’établissements d’enseignement secondaire, ont reçu l’ordre de leur hiérarchie politique de mobiliser un quota d’élèves pour accueillir Ali Bongo lors de sa tournée préélectorale.

De Bitam à Moanda, les manœuvres politiciennes en milieu scolaire sont toujours les mêmes. Pour la tournée dite « républicaine » d’Ali Bongo, les proviseurs du Gabon ont été sommés de mobiliser leurs élèves, et particulièrement les bacheliers et les brevetés session juin 2023, pour accueillir le Distingué Camarade Président (DCP) à l’aéroport des différentes villes dans lesquelles il se rend.

Lire aussi:  [Lecture] «Le Gabon en danger», le livre de Daniel Mengara qui dit tout sans ambages

En effet, dans un communiqué radio qui a fuité sur internet, le proviseur du lycée public Simon Oyono Aba’a,
Monsieur Kisito Ondo Nzogobe, invitait les 2500 élèves de l’établissement à envahir l’espace de l’aéroport de Bitam, en tenue du lycée ou pas, le mardi 04 juillet 2023 à partir de 10 heures, « afin d’accueillir et acclamer le président de la république, Chef de l’État, son Excellence Ali Bongo Ondimba », à l’occasion de l’étape bitamoise de sa tournée républicaine.

Le communiqué était particulièrement adressé aux 302 élèves des classes de 3è, admis au BEPC et aux 293 bacheliers de la session de juin 2023. Une manœuvre qui a suscité la colère des uns et la moquerie des autres sur la toile gabonaise.

Lire aussi:  [Kangagate] Ali Bongo reçoit Patrice Neveu, Alain Mounguengui et Franck Nguema

Par ailleurs, dans une note vocale WhatsApp, une dame présentée comme la responsable du Lycée Henri Sylvoz de Moanda demande, elle aussi, à ses élèves de se mobiliser pour l’accueil d’Ali Bongo. Pour cette dernière, on lui aurait demandé un quota de 200 élèves et les bacheliers et brevetés 2023 devraient être les têtes de liste en signe de remerciement pour leurs examens.

La dame précise que les personnes intéressées doivent s’inscrire sur une liste qui sera transmise à qui de droit. Ils recevront chacun un billet de 5 000 FCFA, un t-shirt et une casquette. Un acte considéré comme le marchandage de l’élite gabonaise en période électorale que la société civile ne cesse de décrier.

Lire aussi:  Nouvelle arrestation d'Ernest Gaetan Ayami : la tension monte à Moanda

Lorsqu’on est convaincu d’avoir bien travaillé et d’être aimé de la population, on ne fait pas chanter les gens ou les payer pour qu’ils vous réserve un accueil chaleureux. C’est naturel. Et puis les enfants sont déjà en vacances. Ils ont obtenu leurs examens par le travail. Ce n’était en contrepartie d’un engagement politique. Arrêtez ça ! Le monde nous regarde.