Paul Biya, le deuxième président camerounais, au pouvoir depuis 40 ans serait candidat à sa propre succession en 2025 pour un 8e mandat. Il aura 92 ans dans 3 ans et l’homme est résolument engagé à poursuivre ses chantiers politiques.

Paul Biya est un président absent. Il vit de façon permanente en Suisse et délègue ses fonctions au Premier qui légifère par ordonnance et nomme même les Ministres. Il est tellement absent que lorsqu’il rentre au pays par occasion, les médias disent qu’il est « en visite officielle » dans son propre pays. Un journaliste a osé lui demandé un jour : « Monsieur le Président, que nous vaut l’honneur de votre visite ? ». Imaginez sa réponse.

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En plus de 60 ans d’indépendance, le pays n’a connu que 2 présidents : Ahmadou Ahidjo (5 mai 2960 – 5 avril 1980) et bien-sûr lui-même l’ancêtre Paul Biya. L’homme est né en 1933 mais promet de faire du Cameroun un pays émergent en 2035. Il aura exactement 102 ans et sera à son 10e mandat. Un record mondial de longévité au pouvoir dans une république dite démocratique.

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Comme son homologue Ali Bongo Ondimba du Gabon, Paul Biya mise sur l’instrumentation des Forces de Défense et de Sécurité pour faire taire les voix dissidentes au sein de la population. Les Anglophones se disent marginalisés mais le tout-puissant Biya n’a absolument rien à cirer de leurs plaintes. « Qui ne veut pas, saute et calle en l’air. »

Ni la dégradation de son état de santé, ni la pression sociale ne semblent pas inquiéter l’inébranlable Biya, le plus vieux président du continent. Alors que les populations souhaitent plus que jamais une alternance politique ou à défaut une passation de flambeau, l’indéboulonnable président du « Mboa » envisagerait plutôt de se représenter pour un 8e mandat en 2025 et fait tout pour sécuriser sa réélection.

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