Les 24 téléconseillers licenciés abusivement par Guy Patrick Obiang Ndong, le protégé de Sylvia Bongo Ondimba, parachuté au Ministère des Affaires Sociales n’ont toujours pas été réhabilités ni indemnisés. Les correspondances adressées aux institutions républicaines restent infrustrueuses. Pourtant le numéro vert 1404 est toujours opérationel. Mais qui gère désormais la ligne ?

À la suite de leur licenciement abusif, les 24 téléconseillers ont porté des requêtes d’assistance devant plusieurs institutions telles que le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales¹, la Primature², l’Inspection du Travail³ et la Fondation Sylvia Bongo Ondimba⁴. Jusqu’à ce jour, ils n’ont été reçus que par la seule Inspection du Travail qui leur a demandé d’attendre. Une attente qui devient longue et inquiétante.

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Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est finalement à Vocal Centre, un prestataire privé qu’a été confié la gestion de la ligne 1404. En effet, les 24 téléconseillers licenciés ont immédiatement été remplacés par les employés du centre d’appel. C’est à croire que tout cela était déjà préparé d’avance.

Depuis le lancement du numéro vert 1404 le 30 avril 2021, le Ministère des Affaires Sociales louait 5 postes sur lesquels 24 téléconseillers travaillaient en turn-over. Un an plus tard, jour pour jour, les téléconseillers sont licenciés pour une faute individuelle et la gestion de la ligne confiée de gré à gré à l’entreprise Vocal Centre sans appel d’offres et sans communication officielle sur les termes de ce nouvel accord.

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La vérité est qu’au Gabon, on ne fait pas dans la continuité de l’administration. Un ministre qui remplace un autre amène avec lui des nouveaux collaborateurs et ne poursuit toujours pas les dossiers laissés en suspens par son prédécesseur.

Ainsi, le contrat de location annuel de 5 postes de télé opérateurs arrivé à expiration le 30 avril 2022, Guy Patrick Obiang Ndong a saisi le prétexte de « faute professionnelle » pour licencier les téléconseillers et changer le type de contrat. Dans le nouveau, c’est désormais les employés de Vocal Centre qui gèrent la ligne 1404 comme c’est le cas pour Airtel, Canal+, SEEG, BGFI et CNSS, entre autres. Le Ministère ne paie plus de salaires, encore moins les cotisations sociales.

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Quel est donc le sort réservé à ces 24 jeunes gabonais exploités « au black » pendant plusieurs mois sans contrat de travail avec une promesse d’emploi ? C’est d’autant plus étonnant qu’une telle manœuvre est orchestrée par un ministère dit des « affaires sociales » à l’ère où les dirigeants prétendent promouvoir l’égalité des chances. « On ne répare pas l’injustice par l’injustice », a réagi l’économiste gabonais Mays Mouissi sur Twitter.