Depuis quelques jours, la société gabonaise est en ébullition suite à une prétendue promulgation de ce qui serait un nouveau texte interdisant le paiement de la dot au Gabon. Et la toile s’en est mêlée. En réalité, le paiement de la dot en République Gabonaise est interdit depuis 1963 par l’article 3 de la loi 20/63 du 23 mars 1963 et les contrevenants punis par la loi.

Officiellement le mariage coutumier est interdit au Gabon. Mais, officieusement, la pratique est bien répandue et très bien ancrée. Dans plusieurs pays africains dont le Gabon, la dot représente le noyau du mariage coutumier. Pratique qui tire ses origines d’une culture du Moyen-Orient.

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Du point de vue juridique, selon la loi n°20/63 du 20 mars 1963, portant interdiction de la dot, en son article 3, dispose que « sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une peine d’amende de 36.000 à 360.000 francs ou à l’une de ses deux peines seulement, quiconque enfreindra les dispositions de la présente loi soit en exigeant ou en acceptant, soit en remettant aux parents des présents en argent ou en nature ». Un projet de loi qui date donc de l’époque du feu président Léon Mba Minko.

Seulement, cette loi est très vite tombée en désuétude. Au sens général on pourrait parler de cessation, d’obsolescence, de disparition, d’oubli, de désaffection ou encore de déshérence, ou encore d’une « extension de la force obligatoire d’une règle de droit par la non application prolongée ». Ce qui veut simplement dire qu’elle n’a jamais été abrogée, mais repose bel et bien dans le registre juridique.

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Le paiement de la dot en République gabonaise est une violation collective d’une proscription légale. Dans la conscience collective gabonaise, une union solennelle célébrée sans dépôt de dot n’aura aucune valeur aux yeux de la belle-famille. Pourtant la dot est un symbole. Il ne garantie pas le bonheur et la bénédiction du ménage.

Dans certains pays d’Afrique tel que le Maroc, la dot est fixée à 8 000 FCFA environ. Mais dans d’autres pays, la dot est un moyen pour la famille de la femme de « se sucrer » sur le dos de la famille de l’homme en exigeant des montants colossaux et des biens de grandes valeurs. Pire encore, nombreuses familles exigent le paiement de la dot avant la célébration des mariages civil et religieux.

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« Les choses de la pauvreté. 7 millions pour doter une fille après quand elle déconne et on demande d’être remboursé, on nous traite de méchant homme », réagit Olivier qui a récemment divorcé d’avec sa femme.