24 téléconseillers du 1404, le centre d’appel dédié aux signalements des violences faites aux femmes dans le cadre du programme « Gabon Égalité » ont été licenciés à la suite du tweet d’une internaute qui tentait désespérément de signaler un cas de violence conjugale dans la nuit du 30 avril au 1er mai aux environs de 2 heures du matin.

« À peu près 2 heures qu’un voisin tabasse sa nana. J’ai appelé le 1404, on me dit de les rappeler dans la journée et de dire à la meuf de leur expliquer en détail ce qui se passe. S’il la tue cette nuit, elle va bien tout vous expliquer en détail en journée. », a tweeté une internaute désespérée devant le manque de professionnalisme d’un téléconseiller.

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Suite à cette dénonciation emprunte de sarcasme, en l’absence d’une plainte formelle et sans identification de la victime, le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales qui cordonne le projet « Gabon Égalité » n’a pas trouvé mieux que de licencier, avec effet immédiat, tous les 24 téléconseillers du 1404 après plus de 2 ans de bons et loyaux services.

Les employés lésés ont décidé de saisir l’Inspection Générale de Travail pour faire valoir leur droits, mais d’après nos informations, aucun des 24 téléconseillers ne dispose d’un contrat de travail dûment signé avec son employeur. Et c’est récurrent au Gabon.

La pratique est courante que certains employeurs préfèrent faire travailler les Gabonais sous-couvert de convention de stage, d’autres en revanche, changent leurs effectifs chaque mois et renouvellement sans cesse les contrats de leurs employés chaque mois. Tout ça pour ne pas embaucher à proprement dit car cela implique plusieurs obligations de la part de l’employeur telles, le paiement du salaire minimum, l’assurance maladie, la prime d’ancienneté, la cotisation CNSS ou les droits dus à la rupture abusive du contrat.

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C’est, nous semble-t-il, dans cette perspective que l’État gabonais a initié depuis cette année une vaste campagne nationale de recrutement des vacataires au lieu de régulariser la situation des enseignants fraîchement sortis de l’École Normale Supérieure en attente d’affection.

Le programme « Gabon Égalité » est une initiative de Sylvia Bongo Ondimba très proche de Guy Patrick Obiang Ndong, actuel Ministre de la Santé et des Affaires Sociales. Ces individus susmentionnés se sont-ils concertés pour opter pour un licenciement collectif ? Sans demande d’explication ou de mise à pied préalable, n’est-ce pas une forme d’inégalité selon le code du travail gabonais ?

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Aux chercheurs d’emploi, si le travail est nécessaire pour l’épanouissement de l’Homme, il faut cependant avoir les garanties avant de se consacrer au service d’un employeur qui peut se lasser de vous. Car un mauvais emploi est pire que le chômage en ce sens qu’il consomme votre temps et votre énergie vous empêchant de chercher de meilleures opportunités. Le temps perdu ne revient pas.