Au Gabon, vivre dans la précarité et l’insalubrité semble être une norme et le dénoncer, un crime. C’est ainsi qu’après son reportage sur les conditions de vie exécrables dans un camp de police de Libreville, l’influenceur et web humoriste gabonais Nephtali Nalick a été arrêté et placé en garde à vue (GAV) depuis hier, son équipe avec.

Certains camps de police au Gabon sont très insalubres de l’extérieur comme de l’intérieur s’apparentant même aux repaires des gangs colombiens. Certains fonctionnaires qui n’ont jamais pensé à faire sortir une brique de terre malgré 10, 20 voire 30 bonnes années de service y trouvent refuge.

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Le plus triste dans cette « mise sous tutelle socio-économique » des fonctionnaires de police c’est que même pour désherber, refaire la peinture du bâtiment ou régler un problème d’étanchéité du toit d’une pièce de l’appartement, on attend toujours la subvention de l’État lorsque ce n’est pas la hiérarchie qui tonne. Résultat : on se retrouve avec des logements de policiers et gendarmes assimilables aux favelas du Brésil.

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Ce mercredi 16 mars 2022, l’influenceur Nephtali Nalick et son équipe qui réalisaient un reportage sur l’état de vétusté des logements de fonctionnaires de police pour la télévision numérique camerounaise Tara+ TV a été arrêté plus tard à son domicile et détenu depuis lors avec son équipe sans que les griefs retenus ne soient connus.

Son arrestation est d’autant plus étonnante parce que dans sa démarche, l’influenceur souhaitait choquer pour faire changer et améliorer les conditions de vie des occupants de ces bâtiments car internet représente un nouveau genre de mass média social qui a déjà fait ses preuves par le passé.

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Mais au lieu de cela, il a été plutôt appréhendé manu militari tel un brigand. Une réaction digne de la « République très très démocratique des Chocolats et des Bonbons », selon Christian Rebouka, membre de la société civile qui fustige l’acte des autorités policières. Cette arrestation ressemble plus à un enlèvement et cette garde à vue, à une séquestration.