S’achemine-t-on vers un retour de l’ex-premier Secrétaire de Démocratie Nouvelle (DN) dans l’opposition ? Selon le Mbandja du 28 février, René Ndemezo’o Obiang serait en passe de démissionner. Se sentant floué, il pourrait de nouveau quitter le Parti Démocratique Gabonais (PDG) au cours d’un Congrès extraordinaire dit de « résurrection ». En attendant, les cadres de son ex-parti s’activeraient à faire des « consultations citoyennes » en prélude à cet événement.

Craignant de mourir « okoukout », René Ndemezo’o Obiang est reparti avec armes et bagages au Parti Démocratique Gabonais (PDG) qu’il avait abandonné, il y a quelques années. L’ex-premier Secrétaire de Démocratie Nouvelle (DN) pourrait encore faire une volte-face. L’hebdomadaire Le Mbandja explique, dans sa dernière livraison, qu’il pourrait reprendre sa liberté à l’issue d’un congrès extraordinaire en préparation. « Les travaux vont bon train », rapporte notre source qui ajoute que les congressistes demanderont à leur président de dénoncer « l’accord de dupes » signé avec le PDG.

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Le 3 avril 2021, René Ndemezo’o Obiang, dont le parti a soutenu Jean Ping lors de la présidentielle de 2016, avait acté la fusion-absorption de sa formation politique par le PDG. Moins d’un an après cette opération, et à 20 mois environ du prochain scrutin présidentiel, l’accord entre les deux formations politiques vacille.

Le Mbandja assure que « ne voulant inéluctablement pas rater le rendez-vous avec l’histoire et se sentant floués et humiliés par leurs nouveaux alliés », les cadres de cette formation « préparent déjà ce qu’ils appellent le congrès extraordinaire de Pâques ». On parle du « congrès de la résurrection ».

Si dans les faits le congrès devrait être le moment d’entériner la décision du parti de faire allégeance au PDG, il pourrait servir d’occasion pour dénoncer l’accord fusion-absorption avec le PDG. En clair, explique le journal, « René Ndemezo’o Obiang sera donc prié de dénoncer cet accord, de démissionner officiellement du PDG et de reprendre la tête de DN, tout en affirmant son ancrage au sein de l’opposition ». Le parti mettra en relief « l’indifférence, l’ingratitude des nouveaux camarades du PDG et l’escroquerie politique du pouvoir » pour justifier le nouveau positionnement du fils de Bitam.

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Si tout ceci reste à l’état de supputations, le modus operandi de la fusion-absorption des partis politiques par le PDG fixe un certain nombre de critères pour l’aboutissement de cette opération. Or, à ce qu’il semble, DN n’a pas encore effectué toutes ces étapes à l’exemple d’un congrès extraordinaire pour approuver sa renonciation à l’entité antérieure. Il devrait également y avoir une liquidation du patrimoine du parti absorbé avec l’incorporation dans le patrimoine du PDG de l’ensemble des biens meubles et immeubles ayant appartenu au parti absorbé, de même qu’il sera demandé aux élus nationaux et locaux du parti absorbé d’exprimer formellement, par acte écrit et authentifié, leur adhésion au PDG, faute de quoi, ils seront considérés comme des élus indépendants.

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Eu égard à ce qui précède, on est en droit de se demander si DN et les autres partis ayant accepté la fusion-absorption avec le PDG avaient connaissance de ces conditions. DN a-t-il rempli tous ces critères ? C’est lors de ce congrès extraordinaire que les membres de DN devront trancher entre l’abandon de leur parti pour une entrée au PDG.

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