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Les autorités gouvernementales gabonaises ne manquent pas d’imagination. Elles sont initiatrices des réformes autant foireuses qu’iniques venues tout droit de l’espace. La dernière en date concerne le Ministère de l’Éducation Nationale avec l’idée de création d’une classe intermédiaire entre la 5e année primaire et la 6e (au secondaire) pour « mieux préparer les élèves au choc psychologique », justifiait Patrick Mouguiama-Daouda. De quoi s’agit-il en réalité ?

Le 18 février 2022, au cours de la cérémonie de restitution du Rapport National de l’Évaluation Internationale du Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN (PASEC 2019) au complexe scolaire d’Alibandeng, Patrick Mouguiama-Daouda, Ministre en charge de l’Éducation Nationale a annoncé les réformes qu’il entend faire dans le système éducatif gabonais en proie à plusieurs maux.

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Créé en 1991, le PASEC vise à informer sur l’évolution des performances des systèmes éducatifs, afin d’aider à l’élaboration et au suivi des politiques éducatives des pays membres. Le Rapport National (Gabon) est la résultante de la collecte des données depuis 2019 qui a rendu ses conclusions le vendredi en février 2022.

Devant le taux d’échec à croissance exponentielle, le Gouvernement gabonais par son Ministère de l’Éducation Nationale envisage désormais l’instauration d’un « Système Primaire Plus » pour faciliter la transition entre le Primaire et le Secondaire.

Dans une présentation ponctuée par des hésitations et tâtonnements, Patrick Mouguiama-Daouda, le pourtant professeur en linguistique a justifié la création d’une 6e classe pour permettre aux élèves de se préparer au niveau secondaire. « Lorsque l’enfant passe du Primaire au Secondaire, il change d’environnement. Il passe d’un environnement où il avait un enseignant à un environnement où il va avoir plusieurs enseignants. Et c’est un choc cognitif … un choc psychologique. Et cette transition de la 5e année au Secondaire pose des problèmes qu’il faut analyser [via l’instauration d’une classe intermédiaire ] avec des enseignants spécialisés », a-t-il déclaré.

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Toutefois, l’instauration d’une 6e classe au Primaire n’est pas une innovation, c’est plutôt une restauration vers système éducatif déjà expérimenté au Gabon. Il y a environ une décennie, le système éducatif du pays disposait d’un CP1/CP2, CE1/CE2 et CM1/CM2, soit 6 classes avant l’adoption du système français à 5 classes duquel Patrick Mouguiama-Daouda dit désormais s’affranchir.

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5 classes, 6 classes ou même 10 classes au Primaire, cela ne resoud pas les sempiternels problèmes qui gangrènent l’éducation gabonaise ; tout au contraire, cette réforme constitue un énième problème. Pour son applicabilité, cela nécessitera des salles de classe et des enseignants supplémentaires, alors qu’il y a déjà un déficit important. Pendant ce temps, la question centrale relative au taux d’échec reste entière.


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