L’essentiel du message biblique est axé sur le diable et l’enfer, la dernière demeure des incroyants, à en croire les Écritures. Satan est désigné comme l’auteur de tous les maux que subissent les Hommes. Alors que l’Évangile dit que « tout a été créé par lui [Dieu, ndlr] dans le ciel et sur la terre » (cf. Colossiens 1:16), on attribue à Satan le monopole du mal, la création de l’enfer et l’entretien de la haine entre les humains. Et si tout ceci n’était finalement qu’un mythe, un chantage émotionnel pour amener les gens à se convertir ?

On ne trouve ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament de doctrine élaborée et systématique sur Satan. Ce nom dérive d’un verbe hébreu qui signifie « accuser, s’opposer », selon l’encyclopédie Universalis. Il n’apparaît que dans trois (3) livres de l’Ancien Testament, ce qui est peu. Dans Zacharie¹ et dans le livre de Job², il s’agit d’un nom commun, « le satan », qui désigne un des anges serviteurs de Dieu, l’ange accusateur de l’homme ; ce n’est que dans les Chroniques³ qu’il devient un nom propre, celui d’un adversaire de Dieu.

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La figure de Satan comme adversaire a été élaborée pour décharger Yahvé (Dieu) de la responsabilité du mal. Dieu ne distribue plus directement le bien et le mal ; il permettait désormais à l’ange mauvais de le faire, à titre d’épreuve ; enfin il tolère que Satan, devenu autonome, tente l’homme. Mais, dans la conception juive, les mauvais anges, et Satan en particulier, sont des créatures … de Dieu ; par là, cette conception se distingue essentiellement du dualisme, lequel pose deux principes originaires du bien et du mal.

Contrairement à l’Ancien Testament, les écrits tardifs (pseudépigraphiques, rabbiniques et esséniens) présentent d’abondantes spéculations sur les mauvais anges et leur chef, sans doute sous l’influence iranienne. Toute une mythologie de combat entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, etc., s’y trouve développée. Le chef des démons y prend des noms variés : Béliar, Sammaël, Azazel, Mastéma. Des thèmes nouveaux apparaissent : celui de la chute des anges (mythe d’origine) et celui d’un empire du mal sur la Terre. Mais la rhétorique dualiste n’entame pas la croyance en la nature créée des mauvais anges.

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Le diable, ou Satan dans la Bible, est désigné comme « l’accusateur » (maachim, en hébreu ; diabolos, en grec). Étonnant d’autant plus que c’est lui qu’on accuse de tout. C’est aussi lui, « l’adversaire », celui qui tire l’homme vers le mal. Dans les Évangiles, il prend une dimension dramatique en devenant l’adversaire qui cherche à faire tomber Jésus ou qui tente de s’opposer à lui. Par la suite, le terme désigne le diable, le diviseur, l’incarnation du mal.

L'Évangile selon Lucifer

Les Écritures et la Tradition de l’Église présentent le diable comme un « ange déchu » : un être spirituel et non corporel, personnel, immortel, doté d’intelligence et de volonté. Un ange déchu parce qu’il se serait révolté contre Dieu, son créateur qui pourtant connu l’avenir. Mais le diable n’est en aucun cas un dieu du mal qui coexisterait à côté d’un dieu du bien. Ce n’est pas lui qui a créé l’enfer, le mal, la mort, la haine ou la guerre. Toute ces choses font partie de la création de Dieu.

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Dans le but ultime de pêcher plus d’âmes, certains prophètes, pasteurs et évangélistes intimident et font chanter les humains en prêchant la peur et le doute quant à la question de la vie après la mort. Tout le mal qui arrive aux Hommes est attribué au diable, sans toutefois préciser que c’est Dieu qui le cautionne parce qu’il a le pouvoir d’y mettre un terme, s’il le veut bien.

Grosso modo ce type de raison a réussi à établir que si vous réussissez c’est grâce à Dieu et si vous échouez c’est à cause du diable. Pourtant la réussite et l’échec sont deux faces d’une même pièce créée par Dieu.