Au Gabon, comme un peu partout en Afrique, le sport en général et le football en particulier est gangrené par l’ingérence politique. Certains sélectionneurs se font dicter leurs lignes de conduite ainsi que les choix tactiques à opérer sur le terrain. Ce qui résulte parfois à des résultats peu probants discréditant ainsi les efforts consentis.

De 2006 à 2022, soit exactement 16 années, le Gabon a déjà connu 6 entraîneurs dont 5 étrangers pour une moyenne d’un entraîneur tous les 2 ans et demi environ. Ce changement frequent de sélectionneurs de l’équipe nationale de football est imputable au « faible niveau d’efficacité » des coachs, allèguent les autorités sportives gabonaises. Cependant, d’un point de vue logique, autant de tacticiens qui ont fait leurs preuves, ne peuvent échouer sur une seule sélection. Le problème c’est l’équipe nationale de football elle-même.

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Au Gabon, jusqu’à une époque récente, pour jouer dans l’équipe nationale, il fallait avoir plus que du talent: il fallait porter un grand nom. Et les sélectionneurs recevaient même des coups de fils des personnalités influentes du pays la veille d’une rencontre importante pour de modifier leurs feuilles de match afin d’aligner le fils de X ou le neveu de Y. Que cela soit pour:

  • Alain Giresse 🇫🇷 (mars 2006 – février 2010),
  • Gernot Rohr 🇩🇪 (mars 2010 – mars 2012),
  • Paulo Duarte 🇵🇹 (avril 2012 – septembre 2013),
  • José Antonio Camacho 🇪🇦 (novembre 2016 – août 2018),
  • Daniel Cousin 🇬🇦 (septembre 2018 – mars 2019),
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les personnalités politiques gabonaises se sont toujours immiscé dans la gestion de l’équipe nationale de football. Et malheureusement les résultats étaient de plus en plus désastreux malgré les tournées dans toute l’Europe à la recherche d’un « super coach » capable d’administrer une potion magique aux joueurs de la sélection nationale.

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En mai 2019, Patrice Neveu arrive à la tête de l’équipe nationale de football, les Panthères. Il trouve une équipe déstructurée au sortir de deux Coupes d’Afrique des Nations avec un bilan mitigé. Il apporte un nouveau vent. Il déclare ne pas céder à toutes les pressions extérieures. Une nouvelle ère commence. Il remet de l’ordre dans la tanière. Il priorise le talent et la discipline au détriment des « grands noms » et peu à peu, les résultats sont visibles.