Pour se présenter aux échéances électorales de 2009 afin de succéder à son père mort au pouvoir, Ali Bongo Ondimba a présenté aux Gabonais le « Plan Stratégique Gabon Émergent » (PSGE), un programme de société obséquieux voire poétique livrable en 2025 mais dont la réalisation relève aujourd’hui d’une chimère. Y-a-t-il des raisons de s’inquiéter de son effectivité ? Les temps et les circonstances nous font croire que oui.

« Je ne serai heureux que lorsque les Gabonais seront [mal]heureux »

Le Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE) est un recueil de projets économiques mirobolants qui repose essentiellement sur trois piliers : le « Gabon vert », le « Gabon industriel » et le « Gabon des services ». Pour le candidat Ali Bongo Ondimba, l’objectif est de moderniser l’économie gabonaise, la diversifier et permettre à chaque Gabonais d’accéder à un niveau de vie décent. « Je ne serai heureux que lorsque les Gabonais seront heureux », avait-il assuré.

Cependant, il y a toujours un fossé entre celui qui dit ce qu’il fait et celui qui fait ce qu’il dit. Depuis son accession à la Magistrature Suprême, le pays avance à reculons. Un (1) pas devant, cinq (5) en arrière. À trois (3) ans de l’échéance fixée, le pourcentage d’exécution du PSGE est estimé à moins 25%. Conscient de son échec, le plus grand de tous, l’Exécutif a créé le Plan d’Accélération de la Transformation (PAT) pour tenter de sauver la face. L’avenir en méfiance !

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PSGE 2025 : la poudre de perlimpinpin aux desseins inavoués

Avec le temps, beaucoup de Gabonais l’ont appris à leur dépens qu’Ali Bongo Ondimba est beaucoup plus un homme de parole (en l’air) qu’un homme des actes. Érection du nouvel aéroport de Libreville, construction des universités d’Oyem, de Mouila et de Port-Gentil, et cession de la Résidence Oyo à la jeunesse gabonaise, bilinguisation du Gabon, autant de promesses jetées dans la prison de l’oubli.

Sur le plan de l’habitat, le PSGE promet 5 000 logements par an. En presque 12 années de magistère, même pas 2 000 sur les 60 000 attendus n’ont été livrés à ce jour et aucune « accélération » ne peut pallier ce déficit en 3 ans seulement. C’est un fiasco d’une promesse électorale dont le seul dessein était de flatter l’ego du peuple pour accéder au fauteuil présidentiel.

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La santé occupe également une place prépondérante dans le fameux « plan stratégique », pas si stratégique comme on l’entend. Celui-ci prévoit depuis 2009 la construction de plusieurs infrastructures sanitaires, tant en zones urbaines qu’à l’intérieur du pays, et l’équipement des structures existantes pour se conformer aux standards internationaux.

Pendant la campagne électorale 2009, Ali Bongo Ondimba avait garantit sur un plateau de télévision « Qu’une fois élu président, je vais moderniser toutes les structures sanitaires du pays de telle sorte que même moi-même je n’aurai plus besoin de me rendre à l’étranger pour des soins de santé ». Pourtant depuis son accident vasculaire cérébral survenu à Riyad, en Arabie saoudite en 2018, il fait le Maroc et l’Angleterre pour bénéficier de leur technologie dans le domaine médical.

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Le PAT pour faire en 3 ans ce que le PSGE n’a pas pu faire en 12 ans

Après 55 années de gouvernance sans partage du Parti Démocratique Gabonais (PDG) dont 12 attribuées Ali Bongo Ondimba, c’est la régression, le totalitarisme, le règne de la médiocrité en lieu et place de la méritocratie. Les Députés, représentants du Peuple se rangent derrière leur hiérarchie politique flirtant même avec l’Exécutif au grand dam du Peuple.

Face l’évidence d’un échec cuisant, le gouvernement a compris, un peu plus tard d’ailleurs, la nécessité d’étayer son Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE) par le Plan d’Accélération de la Transformation (PAT) pour tenter de rattraper en 3 ans seulement le retard accusé depuis bientôt 12 ans. Devant ce qui ressemble désormais au Plan Machiavélique Gabon Énervant 2025, au regard des conditions de vie qui se détériorent chaque jour un peu plus, les Gabonais vivent l’avenir avec méfiance.