Brice Laccruche Alihanga, ex-bras droit d’Ali Bongo Ondimba, a été condamné ce vendredi 29 octobre 2021 par le tribunal de Libreville à cinq (5) ans de prison ferme pour « délivrance indue de documents administratifs ».

Nommé Directeur du Cabinet Présidentiel en 2017, Laccruche, franco-gabonais de 41 ans, était devenu le véritable homme fort du pouvoir après l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo en octobre 2018, qui avait laissé ce dernier très affaibli et absent de longs mois du pays. Il est reconnu coupable d’avoir obtenu illégalement la nationalité gabonaise.

C’est une nouvelle étape dans la descente aux enfers que Brice Laccruche Alihanga (BLA) a entamée voici deux (2) ans, quasiment jour pour jour. Pourtant, il y a plusieurs années de cela, les activistes gabonais dénonçaient la naturalisation « pas comme on l’entend » de celui qui s’appelait autrefois Fargeon. Ils ont été taxés d’opposants jaloux de l’ascension fulgurante de l’homme. Pourtant, les responsables de son parti politique et les services secrets étaient bien informés.

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De Directeur de Cabinet (DirCab), il a été propulsé à un fantoche ministère chargé du Suivi de la Stratégie des Investissements Humains et des Objectifs de Développement Durable le 07 novembre 2019 comme pour taire une bonne fois le débat sur l’état civil du « messager intime » d’Ali Bongo. En débarquant de la Présidence de la République pour un ministère créé sur mesure pour lui, Laccruche venait là de tomber de son piédestal.

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Dans le viseur des autorités gabonaises, il avait vu l’étau se resserrer, à mesure que la confiance d’Ali Bongo Ondimba et de son fils Noureddin disparaissait. Le 03 décembre 2019, il était arrêté, soupçonné, entre autres, de détournements de fonds publics et de blanchiment d’argent en relation avec le secteur pétrolier et la Gabon Oil Company. Le début de sa vie à l’isolement, au sein de la prison Centrale de Libreville.

Depuis l’accident vasculaire cérébral (AVC) du « Caïd » Ali Bongo Ondimba à Riyad en octobre 2018, Laccruche était perçu, comme l’homme le plus puissant du Gabon. Sa fulgurante ascension politique a été stoppée net début novembre 2019 quand, à la surprise générale, il a été limogé du poste de DirCab qu’il occupait depuis plus de deux (2) ans. Sa notoriété grandissante et les bains de foule lors de ses tournées provinciales avaient réussi à déranger la quiétude des barrons du pouvoir.

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En modifiant son état civil, Brice Laccruche Alihanga a été naturalisé gabonais et pouvait donc se présenter à la Présidentielle de 2023. Il est aujourd’hui condamné à cinq (5) de prison ferme pour fraude et ne pourra en sortir qu’en 2024, soit un (1) an après le scrutin. Le camp Bongo tente le tout pour le tout d’empêcher ses velléités électorales.