La Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), Airtel Gabon et Canal+ Gabon respectivement fournisseur d’eau et d’électricité, opérateur de téléphonie mobile et exploitant des contenus audiovisuels par satellite sont des filiales des groupes français et indien installés au Gabon depuis quelques années.

En tant qu’entreprises de fournitures de services opérant sur le territoire national, elles s’engagent à fournir aux souscripteurs une meilleure qualité de service contre un paiement ponctuel ou récurrent selon la nature du contrat. Malheureusement, ces entreprises brillent par une qualité de service exécrable causant des dommages et pertes à leurs clients. Le plus curieux ? Elles ne sont jamais inquiétées, même pas par les autorités de régulation ou les administrations de tutelle. Pire encore, toute action en justice pour demander réparation reste infructueuse et le coût du procès onéreux.

Une qualité de service qui ne répond pas aux attentes des consommateurs

1. SEEG

La SEEG, filiale du groupe français dont les parts ont été rachetées par l’État gabonais en 2019 jouit du monopole dans le secteur d’adduction en eau et de fourniture en électricité. En plus de desservir les menages gabonais d’une eau « pas si potable comme on l’entend » car boueuse et impropre à la consommation, les délestages sont récurrents causant le ralentissement de l’activité économique et les dommages sur certains équipements informatiques et électroménagers des usagers.

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Dans certains quartiers du Grand Libreville, les populations attendent l’eau jusqu’à tard la nuit entre 01 heure et 05 heure du matin et parfois elles attendent en vain des jours durant car le programme desserte en eau est aléatoire.

2. Airtel Gabon

L’opérateur de téléphonie mobile, par ailleurs fournisseur d’accès internet et mobile money Airtel Gabon est réputé pour la cherté de ses services et les nombreux dysfonctionnements notoires. En cas de panne de l’opérateur ou d’erreur de l’utilisateur, il faut débourser 50 FCFA pour rentrer en contact avec un conseiller clientèle. À l’image de son concurrent Moov Africa Gabon Télécom, est l’une des entreprises en Afrique à proposer encore en 2021 des forfaits internet 4G de 16 et 20 méga octets pour un débit de plus de 30 méga octets par seconde. Devant ces abus, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) ne dit mot, signe de son approbation.

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Filiale du groupe indien Bharti Airtel, Airtel Gabon a tissé un partenariat avec la SEEG pour la fourniture du service Edan. C’est d’ailleurs la source de nombreux litiges. Il arrive des fois qu’un client soit débité pour l’achat des unités Edan mais doit attendre plus de 5 heures pour recevoir le code compteur. D’autres, après une mauvaise manipulation, demandent des remboursements mais sont toujours déboutés. Comme quoi, qui se ressemblent s’assemblent.

3. Canal+ Gabon

La qualité du service de Canal+ Gabon, filiale de Canal+ International, diffuseur français de chaînes câblées à l’étranger est tout aussi médiocre. Des bouquets qui changent de prix de manière inexplicable, des programmes bloqués alors que la chaîne est incluse dans la formule d’abonnement, des chaînes en doublon avec des contenus ennuyeux, etc … le chapelet de péchés de l’opérateur de l’audiovisuel n’a pas fini d’irriter les Gabonais qui se tournent désormais vers les concurrents locaux ou mieux l’IPTV.

Entre perte de signal au moins petit vent et soucis technique impliquant plusieurs abonnés dans différentes régions, Canal+ Gabon a encore beaucoup à faire pour gagner la confiance des consommateurs qui ne demandent que le meilleur pour leur argent.

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La complicité des autorités locales dont le silence est monnayé

Aujourd’hui, les grandes entreprises s’installent un peu partout en Afrique – se restructurant ici, délocalisant là-bas. Elles jouent certes un rôle essentiel dans le développement de l’économie nationale, cependant ils engendrent des tensions socio-économiques liées à l’exercice de leur activité. Ces entreprises manquent gravement à leur engagement à offrir un service à la hauteur du coût fixé. Au Gabon, par exemple, les trois (3) entreprises mises en cause opèrent dans des secteurs qui sont pourtant soumis au contrôle d’une autorité de tutelle.

Toutefois, il s’avère que les autorités de surveillance et les administrations de tutelle dont le travail de contrôle et de régulation leur incombe préfèrent donner des passe-droits aux grandes entreprises plutôt que d’aider les consommateurs à profiter des services de meilleure qualité. Il s’agit notamment des privilèges d’ordre économique, fiscal, juridique et social moyennant des pots-de-vin et d’autres gratifications en nature.