L’ascension fulgurante de l’entreprise gabonaise Satcon serait-elle trop gênante pour le groupe français Canal+ International au point de dépêcher une délégation de Paris pour exiger à la Haute Autorité de la Communication (HAC) des sanctions contre leur principal concurrent ? C’est ce que tout le monde est porté de croire.

En mission au Gabon la semaine dernière, les responsables du groupe Canal+ International ont eu plusieurs rencontres avec les autorités gabonaises parmi lesquelles la très partiale Haute Autorité de la Communication (HAC). L’ordre du jour a partout été le même: faire plier l’échine à Satcon, un concurrent local devenu trop gênant qui compromettrait les intérêts économiques de la filiale du groupe Vivendi au Gabon.

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La délégation française conduite par conduite par Jean Christophe Ramos, Directeur des Affaires Corporate Afrique de l’opérateur Canal+ International a requis, lors de cette rencontre avec Président de la HAC, des sanctions contre Satcon accusé de piratage des programmes, notamment la diffusion des compétitions internationales. Des arguments qui dénotent une concurrence malsaine dans le but de jouir d’un monopole dans le secteur de la TNT similaire à celui de la SEEG dans la fourniture d’eau et d’électricité.

Cela fait plusieurs années que la bataille juridico- institutionnelle cristallisent les attentions. Cependant Canal+ n’a jamais à démontrer A+B le procédé utilisé par Satcon pour « voler » leurs images. Les techniciens de Satcon seraient-ils plus efficaces que ceux de Canal+ pour décrypter le chiffrement des donnés émises entre les satellites de groupe français et les décodeurs dans les ménages gabonais ?

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La société gabonaise Satcon serait-il un mastodonte qui fait désormais de l’ombre à Canal+ ? Menacé de boycott pour ses tarifications exorbitantes, son appui aux initiatives mercantilistes du gouvernement, mais surtout pour son appartenance à la France, Canal+ veut désormais « mettre son ennemi hors d’état de nuire », fait remarquer un observateur de la société civile outré par ce jeu d’influences.

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Pourtant, Satcon est une jeune entreprise qui n’occupe que le second rang en terme diffusion numérique au Gabon. Également présente dans quelques pays africains, elle a réussi à conquérir les ménages qui trouvent auprès de cet opérateur, des bouquets aussi riches et variés à des prix défiant la concurrence avec des promotions périodes et la diffusion de certains programmes en clair pour le plus grand bien du consommateur.

Pour développement économique harmonieux entre le secteur public et le secteur privé, les autorités et les populations gagneraient à soutenir les initiatives locales.