Le Sénégal reste la destination africaine par excellence des étudiants gabonais après le Maroc. Cependant, alors que certains étudiants y vont pour poursuivre leurs études afin de rendre fiers leurs familles et la nation toute entière par dessus tout, d’autres, en revanche, s’adonnent aux mauvaises pratiques qui avilissent davantage la réputation de leur pays d’origine.

Le domaine de l’enseignement universitaire et de la formation professionnelle occupe une place prépondérante dans les relations bilatérales entre le Sénégal et le Gabon. Alors que l’État et les familles consacrent les moyens financiers colossaux pour pour leur permettre de poursuivre leurs études à l’étranger, bon nombre d’étudiants gabonais s’illustrent négativement dans ce pays à majorité musulmane.

Notre enquête porte principalement sur les étudiantes gabonaises au Sénégal qui vivent au-dessus de leurs moyens pour impressionner les autres communautés et qui finalement sont obligées de « se vendre en soldes » pour entretenir leur train de vie. Tandis que certaines jeunes filles développent des petites activités génératrices de revenus pour gérer au mieux leurs besoins au quotidien, d’autres encore plus mégalomanes, exhibent leur fausse opulence pour avoir l’air de « gosses de riches ».

Lire aussi:  Les étudiants de la FDSE invités à se cotiser pour acheter les tables-bancs ?

« Ce que nos seurs gabonaises font ici c’est terrible. Elles se comportent comme si elles recevaient pas de Western, mais bon …. elles veulent vivre la grande vie. Obligées de se prostituer ou aller vivre chez des garçons après quelques jours de relation seulement juste pour ne pas dépenser », rapporte une source estudiantine qui dénonce une attitude peu élogieuse de ses compatriotes en terre étrangère.

D’après les témoignages auprès d’autres résidents sur place à Dakar et à Saint Louis, les étudiants gabonais en général aiment les « chills », c’est-à-dire les soirées arrosées entre amis indisposant parfois les voisins qui n’hésitent pas à se plaindre aux autorités locales. C’est d’ailleurs ce qui a valu à certains d’entre eux une arrestation le 20 mai 2020 pour nuisances sonores et transgression du couvre-feu alors en vigueur dans le pays. Leur arrestation avait été confirmée par Jacques Delor Mayossa, Président entrant de l’Association des Élèves et Étudiants Gabonais au Sénégal (ASEEGS).

Lire aussi:  Les étudiants de l'IUSO taxés de « rameurs »

Par ailleurs, dans la vidéo publiée en juin 2021 devenue virale sur la toile, on entend une jeune fille déclarer en sanglots « Les Sénégalais nous versent de l’acide. Je veux rentrer chez moi. » Alors que beaucoup de Gabonais se laissaient emporter par l’émotion et criaient à la xénophobie, des vérifications faites auprès de leurs compatriotes et les autorités locales ont révélé qu’ils ont été agressés en rentrant d’une soirée arrosée vers 3 heures du matin. Ce qui a été identifié, a priori, comme de l’acide s’est finalement avéré être un liquide de nettoyage des carreaux et vitres.

Envoyés à l’étranger pour des raisons académiques, certains étudiants brillent négativement mettant ainsi en péril leurs vies et leur avenir jetant ainsi l’opprobre sur leurs familles respectives et leur pays. Nostalgiques des soirées festives des Cocotiers, d’Akébé ou de Louis à Libreville, certains étudiants gabonais à l’étranger sont les grands abonnés des débits de boissons et des maisons closes dans des pays où la prostitution semble beaucoup plus régulée qu’au Gabon.

Lire aussi:  Il découvre un réseau de placements de luxe auquel appartient son épouse et l'expose publiquement

Expatrier les enfants mineurs pour des raisons académiques sans tuteur légal à l’étranger comporte des risques en ce sens qu’ils sont encore malléables et pourraient céder à la pression du groupe. Le mécanisme est le même aussi bien pour les filles que pour les garçons. Les comportements déviants sont contagieux, particulièrement pour les personnes qui partagent le même espace de vie. Il convient pour les parents de suivre non seulement les résultats des enfants à l’étranger mais également leur vie sociale en déléguant une personne de confiance tel qu’une autorité universitaire, un parent résident dans la ville, le concierge du campus — si l’étudiant vie dans la cité universitaire —, le bailleur ou l’un collègue majeur et recommendable.