Le contingent gabonais composé de près 450 soldats présent en République Centrafricaine depuis 2004 a été renvoyé des effectifs des Casques Bleus de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) suite à des allégations dexploitation et abus sexuels dans le pays hôte.

Les Nations Unies ont annoncé mercredi que toutes les unités militaires gabonaises déployées dans la force de maintien de la paix en République Centrafricaine (RCA), la MINUSCA, devaient être renvoyées immédiatement chez elles, à la suite d’informations crédibles alléguant que des « casques bleus » non identifiés avaient maltraité cinq filles.

La MINUSCA a déclaré qu’une équipe d’intervention immédiate avait été dépêchée à l’endroit où les abus auraient eu lieu dans le centre de la RCA, pour évaluer la situation, établir des mesures de prévention et sensibiliser les communautés sur la manière de signaler l’exploitation et les abus sexuels.

La Mission a orienté les victimes vers des partenaires humanitaires pour une assistance médicale, psychosociale et de protection, conformément aux politiques de l’ONU en matière de soutien aux victimes d’exploitation et d’abus sexuels, a déclaré le porte-parole de l’ONU aux correspondants lors de la conférence de presse quotidienne régulière à New York.

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« Conformément à la politique globale des Nations Unies d’assistance et de soutien aux victimes d’exploitation ou d’abus sexuels par le personnel des Nations Unies ou du personnel apparenté, les victimes identifiées ont reçu des soins et un soutien immédiats par l’intermédiaire des partenaires de la Mission, selon leurs besoins médicaux, psychosociaux et de protection. Le 7 septembre, le Secrétariat des Nations Unies a demandé aux autorités gabonaises de désigner un enquêteur national dans un délai de cinq jours ouvrables et de conclure l’enquête en moins de 90 jours », indique le communiqué de la MINUSCA, ajoutant que le Bureau des Services de Contrôle Interne de l’ONU (BSCI) a également ouvert une enquête et « se tient prêt à apporter son aide si un enquêteur national est nommé ».

« En raison de la gravité de ces dernières allégations rapportées, le Secrétariat des Nations Unies a pris la décision de rapatrier l’ensemble du contingent gabonais de la MINUSCA », poursuit le communiqué. La décision a été communiquée au gouvernement gabonais, mardi, sur la base d’une résolution du Conseil de sécurité relative aux troupes, qui indique clairement que « face à des cas de preuves crédibles d’exploitation et d’abus sexuels généralisés et systémiques, ou de l’incapacité à prendre les mesures appropriées pour enquêter, demander des comptes aux coupables ou tenir le Secrétaire Général informé des progrès, les unités de l’État membre doivent être remplacées ».

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En d’autres termes, les soldats gabonais ne sont pas renvoyés de la MUNISCA pour une responsabilité établie dans les accusations d’exploitation et d’abus sexuels — puisque le Gabon n’a pas désigné un enquêteur national — , mais plutôt parce que l’État a manqué de diligence et n’a pas suivi les recommandations de l’ONU de designer un enquêteur national entre le 8 et le 14 septembre. Ce qui constitue un manque de coopération alors que le BSCI se tenait prêt à aider pour la conduite de l’enquête. La MINUSCA a déclaré qu’elle restait fermement déterminée à lutter contre l’exploitation et les abus sexuels commis par son personnel et à mettre pleinement en œuvre la politique de tolérance zéro de l’ONU à l’égard du fléau.

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Ces allégations d’exploitation et d’abus sexuels ternissent davantage l’image des forces de sécurité et de défense gabonaises réputée dans le pays pour être violents et sans respect de la dignité humaine surtout lorsqu’il s’agit des civils.

Un autre fait qui jette du discrédit sur les soldats gabonais en RCA est celui de Hughes Roland Mandouckou, un adjudant de l’armée gabonaise en mission à Bangui en Centrafrique pour la cinquième fois qui a été jugé coupable par la Cour Militaire Spéciale (CMS) pour vol de munitions de guerre, commerce avec l’ennemi et violation de consignes militaires. L’ancien responsable de l’armement lourd a écopé de la peine de 35 mois de prison soir 2 ans et 11 mois assortie d’une amende de 300.000 FCFA.