Le Ministre gabonais chargé des Relations avec les Institutions Constitutionnelles et les Autorités Administratives et Indépendantes, Dénise Mekam’ne a présenté le 13 septembre 2021 au Conseil des Ministres, qui l’a adopté, le projet d’ordonnance portant loi organique relative à l’éligibilité du Président de la République.

Ledit projet d’ordonnance fixe les conditions d’éligibilité du Président de la République et les incompatibilités avec la fonction de Président de la République, conformément aux dispositions des articles 10, 52 et 78 de la Constitution. Dorénavant, ne peuvent être éligibles à la Présidence de la République, uniquement « les gabonais des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques et ayant résidé sans discontinuité sur le territoire national au moins six mois chaque année, au cours des deux dernières années précédant l’élection ».

Aussi, « la territorialité ainsi indiquée se rapporte également aux Gabonais en poste dans les missions diplomatiques et dans les organisations internationales dont le Gabon est membre ». Par ailleurs, le texte énonce également que « tout Gabonais bénéficiant d’une autre nationalité ayant exercé des responsabilités politiques ou administratives dans un autre État ne peut se porter candidat ».

Cette nouvelle loi inique et unique en son genre ne vise qu’un seul but ultime : disqualifier les Gabonais de la diaspora candidats aux prochaines échéances électorales. La première personne directement touché par cette mesure est Innocent F. Bemvome Be Nze, fils de l’Ogooué Ivindo qui a annoncé sa candidature le 4 septembre dernier depuis Harrisburg, en Pennsylvanie (États-unis) où il réside depuis plusieurs années.

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Informé de se qui se trame désormais dans l’arène politique de son pays, Innocent Bemvome a réagi : « Chers compatriotes, ne vous inquiétez pas. Je serais dans mon pays, le Gabon 🇬🇦 dans les délais. 2023 c’est notre moment », peut-on lire sur page Facebook depuis hier soir.

L’autre personne visée par ce texte discriminatoire récemment entériné en Conseil de Ministres est Junior Denis Bongo Ondimba, le protégé de Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo. Même si officiellement il ne s’est pas encore prononcé sur intentions politiques pour 2023, il est pressenti comme le principal rival du candidat PDG aux prochaines élections présidentielles.

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La « loi Mekam’ne » très controversée pourrait donc constituer une entrave à son éligibilité puisqu’il vit désormais à Brazzaville, au côté de son grand père maternel où exercerait des fonctions politiques dans le pays. Pour l’heure, il n’y que trois (3) candidats à avoir annoncé officiellement leurs candidatures. Il s’agit d’Innocent F. Bemvome Be Nze, Marie Sylvie Hervo Akendengue et Jean Robert Menie engagés dans la course pour 2023.

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En outre, l’instauration d’un triumvirat dirigé par le président de l’Assemblée Nationale pour assurer l’intérim en cas d’indisponibilité temporaire ou vacance de pouvoir constitue à bien des égards, une stratégie pour préparer la voie à la succession.