L’imperméable Ali Bongo Ondimba a prononcé une importante allocation ce 28 mai 2021 à 19 heures 45 retransmis simultanément sur Gabon 1re, Gabon 24, Radio Gabon et la page Facebook de la Présidence de la République Gabonaise. Il était essentiellement question pour le chef de l’Exécutif gabonais de revenir sur les mesures restrictives relatives à la pandémie de Covid 19 très décriées dans le pays.

Ali Bongo Ondimba, le désormais e-président du Gabon, s’est adressé hier soir à ses compatriotes pour faire le point sur la situation épidémiologique du pays. En effet, il est longuement revenu sur l’action du gouvernement à conjurer la pandémie du territoire national non sans annoncer l’assouplissement de certaines mesures restrictives relatives à crise sanitaire … sous conditions dont l’ouverture des débits de boissons et l’instauration du couvre-feu désormais de 21 heures à 05 heures.

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Le chef de l’État mise désormais tout sur la vaccination comme dernier rempart pour revenir à la « vie normale » d’antan. « À ce jour, environ 14 000 personnes ont déjà été vaccinées, et ce n’est qu’un début. Dans les toutes prochaines semaines, ce nombre augmentera considérablement. » Cette assurance dont Ali Bongo Ondimba fait montre repose bien sur une stratégie toute particulière : les personnes vaccinées sont exemptées de la quarantaine et bénéficient donc d’un statut sui generis. Ce qui va alors contraindre les antivax et les indécis à reconsidérer leur position et à accepter, malgré eux, de se faire vacciner. « C’est du chantage … de l’intimidation ! », estiment certains.

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D’ailleurs, Ali Bongo Ondimba ne cache pas ses intentions, « les personnes vaccinées seront exemptées de certaines restrictions en vigueur. Elles pourront notamment circuler librement pendant le couvre-feu, à l’intérieur du pays et dans certains lieux publics, ou encore, participer sans contrainte aux réunions de culte et aux activités sportives », a-t-il ouvertement déclaré à la télévision nationale ce 28 mai 2021. Selon Marc Ona Essangui, membre de la société civile, ce n’est ni plus ni moins qu’une « discrimination » à l’endroit des personnes qui auront refusé de se faire administrer les doses du vaccin chinois Sinopharm.

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Selon le dernier bilan du Comité National de Vaccination contre le Covid 19 (COPIVAC) datant du mardi 25 mai 2021, plus de 370 000 doses ne trouvent pas de preneurs deux mois après le lancement de la vaccination. Entre pessimisme outrancier et conspirationnisme démesuré, les populations s’abstiennent en grand en nombre important. Craignant donc de devoir jetter les doses non utilisées à la poubelle, l’Éxecutif a plutôt ourdi une trame encore plus élaborée afin d’imposer la vaccination à la population sans que cela ne soit trop flagrant même si officiellement Ali Bongo a évoqué une « sécurisation de l’approvisionnement en vaccins par des choix judicieux et efficaces ».