Au Gabon, la surprotection de certaines espèces animales au détriment des vies humaines vient de pousser le préfet de Mekambo vers la porte de sortie en antihéros. Une révolte populaire qui dénote le ras-le-bol des populations devant l’incompétence de l’administration et la partialité de la loi en faveur du règne animal.

En effet, les populations de Mekambo, dans la province de l’Ogooué Ivindo (G6) sont en colère suite à la dévastation de leurs plantations par des éléphants, une espèce surprotégée au Gabon. Ce 24 mai, une marche de protestation a été organisée dans la ville. Elle visait essentiellement à interpeller les autorités compétentes sur les conséquences des activités des pachydermes sur les individus et leurs possessions.

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Suite aux manifestations, certains fonctionnaires de la localité auraient été pris en otage, d’autres chassés de leurs résidences. C’est, par exemple, le cas du Préfet Frédéric Moughandza qui se serait réfugié avec sa famille à la brigade de gendarmerie depuis hier. « Ce matin c’était journée ville morte à Mekambo. Les rues de la ville sont vides. Les magasins et marchés sont fermés », indique un média local.

Les pachydermes font partie des principaux freins du développement des activités agricoles en zone rurale au Gabon. Certains espèces animales telles que les éléphants ont toujours été privilégiées dans le conflit Homme-faune. Après 3 hectares de bananeraie appartenant à une septuagénaire dévastés dans la région septentrionale du pays, un homme a perdu la vie la semaine dernière dans le village Roungassa à quelques encablures de Koulamoutou sur la route de Pana, dans la province de l’Ogooué Lolo. Le cinquantenaire a trouvé la mort au cours d’une partie de chasse, piétiné par un pachyderme.

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Ce début de semaine, les populations de Mekambo sont montées au créneau pour dénoncer cette injustice encouragée par les lois gabonaises qui donnent plus de pouvoir à certaines espèces animales plutôt qu’à l’Homme. Désormais touchés par la famine, la pauvreté, l’insécurité et le manque d’infrastructures routières, académiques et sanitaires, les habitants de Mekambo ont exprimé leur ras-le-bol de la plus tonitruante des manières en expulsant le préfet et certains fonctionnaires jugés « inutiles » dans l’amélioration de leur condition de vie.

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Selon Yves Romuald Ngobela, ingénieur agronome et ressortissant de la localité, « les bénéfices des politiques de préservation de l’environnement (création de parcs nationaux, limitations de la chasse et la pêche …) doivent profiter prioritairement aux populations rurales concernées. »