Au Gabon, les abus des forces de sécurité et de défense sont devenus légion tant ils ne sont jamais inquiétés et bénéficient plutôt du soutien de leur hiérarchie. Ainsi dans la nuit du 29 janvier, un agent de la Garde Républicaine (GR), alors en poste au check-point de Nzeng-Ayong, à Libreville, aurait violé une jeune fille de 15 ans. L’affaire est portée sur la place publique par le père de la victime, quatre mois plus tard, du fait que le présumé violeur s’en tire à bon compte, avec une simple radiation des effectifs de la GR. Explications.

Grosse et horrible mésaventure que celle vécue par R.N. Cette jeune gabonaise de 15 ans aurait été violée, en janvier dernier à Libreville, par un agent de la Garde républicaine (GR) alors en poste au check-point de Nzeng-Ayong. Les faits remontent précisément au 29 janvier, peu-après l’heure du couvre-feu, qui démarrait à 20 heures à cette période-là. Partant de la Cité de la Caisse pour son domicile, au Rond-Point de la Démocratie, la jeune fille va se faire interpeller par les agents en poste au check-point de l’échangeur de Nzeng-Ayong, qui s’apprêtaient à passer le relai à une autre équipe.

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L’agent de la GR en question va immobiliser la fille prétextant qu’elle n’avait pas de carte d’identité nationale, malgré le fait qu’elle lui aurait signifié qu’elle n’en avait pas parce qu’elle est encore mineure. L’agent va alors réquisitionner un taxi, soi-disant pour conduire R.N. au poste de gendarmerie de Gros-Bouquet, où elle devait passer la nuit. Curieusement, le taxi, avec à son bord l’agent et jeune fille, va s’engouffrer dans Nzeng-Ayong. Apeurée, cette dernière aura le réflexe de faire un texto à son père.

Inquiet, D.N. va alors entreprendre toutes les démarches pour retrouver sa fille. Au check-point de Nzeng-Ayong comme au poste de gendarmerie du Gros-Bouquet, D.N. n’aura aucune nouvelle de son enfant. Ce n’est qu’aux alentours de minuit, alors qu’il était au poste de Gros-Bouquet, que le père va recevoir un coup de fil l’avertissant que sa fille est au check-point de Nzeng-Ayong. Une fois sur place, la père va retrouver sa fille en pleurs, habits en lambeaux, qui va lui expliquer sa terrible mésaventure.

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Le lendemain, le 30 janvier, le père et la fille vont se rendre à Jeanne-Ebori, pour faire constater l’acte de viol par les médecins. Toutefois, pour récupérer les résultats, qui devaient servir au père à la rédaction d’une plainte, l’hôpital a exigé un document : la réquisition. Dans le cas d’espèce, celle-ci est délivrée par les services de direction générale des services spéciaux de la GR, en lieu et place de Police judiciaire (PJ), le mis en cause étant un militaire. Entre temps, le présumé violeur avait déjà été intercepté par les services compétents.

Malheureusement, D.N et sa fille n’obtiendront jamais la réquisition, malgré le fait que la direction générale des services spéciaux de la GR leur aurait confié que les faits de viol sont avérés. Résultat des courses, les examens n’ont jamais été récupérés à l’hôpital et la plainte n’a jamais été déposée au tribunal. «C’est à cause de ce blocage que j’ai décidé de porter cette affaire sur la place publique, près de quatre mois après», explique le père désabusé. En lieu et place de la réquisition, D.N et sa fille ont été informés que le présumé violeur a été radié des effectifs de la GR après avoir été traduit en conseil de discipline, sans plus.

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Si la radiation de l’agent est avérée, D.N pourra reprendre ses démarches et saisir la PJ pour l’obtention de la réquisition, le présumé violeur étant désormais un civil. Reste à savoir si les résultats des tests du viol, sont encore disponibles à Jeanne Ebori. Dans tous les cas, D.N entend se battre jusqu’au bout pour que le bourreau de sa fille paie pour son crime. En effet, avec une simple radiation (encore faudrait-il qu’elle soit avérée), l’agent s’en tirerait à bon compte pour son acte présumé. Ce qui serait une grosse tâche pour un pays qui promeut la lutte contre les violences faite aux femmes. C’est triste !

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