À l’approche des futures échéances électorales en 2023, les campagnes de recrutement s’intensifient au sein de l’opposition gabonaise avec pour but ultime de couper l’herbe sous les pieds à Jean Ping qui réclame la magistrature suprême depuis 2016. Après le retour au Parti Démocratique Gabonais (PDG) de son ancien allié, René Ndemezo’o Obiang, le tour est revenu ce 21 mai à Frédéric Massavala Maboumba, ancien porte-parole de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR). « L’élu de Tsamba-Magotsi vient de regagner la formation politique au pouvoir, dont il a claqué le porte en janvier 2016 », introduisait Gabon Review.

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Frédérick Massavala Maboumba a exercé au sein du PDG en tant que Conseiller Politique d’Omar Bongo Ondimba. Il a également été Directeur Adjoint du Cabinet du l’ancien président et Ministre Délégué à l’Éducation Nationale. Il a rejoint l’opposition et la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) dirigée par Jean Ping Okaka en tant que porte-parole de cette coalition.

Il a été arrêté par le pouvoir le mercredi 6 septembre 2017 à Libreville pour provocation directe à un attroupement et instigation aux actes ou manœuvres de nature à provoquer des troubles ou manifestations contre l’autorité de l’Etat lors de la marche des partisans de l’alternance du 4 septembre 2017. En février 2019, après avoir déjà passé plus d’un an en prison, il est jugé et écope de cinq années d’emprisonnement dont trois avec sursis. Il a été libéré le samedi 8 juin 2019.

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Frédéric Massavala est le premier candidat gabonais à avoir candidaté au conseil départemental depuis la prison et a été élu. À sa sortie de prison, il a dit continuer la lutte pour l’alternance dans son pays. Un vœu rompu, une confiance trahie. Aujourd’hui dans l’ombre d’une opposition transparente, l’homme fait volte-face et annonce ce 21 mai son retour dans la « marmaille » pour essayer de tirer son épingle du jeu, de se faire une santé politique.

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Quelle crédibilité pour un homme politique qui foule au pied ses principes au profit de la préservation de ses intérêts personnels et des avantages y relatifs ? Quelle fierté les ressortissants de la Ngounié peuvent encore ressentir à l’égard de leurs leaders politiques aux convictions changeantes ?