Aux commandes du Gabon depuis 2009, Ali Bongo Ondimba s’est résolument engagé dans un numéro de séduction essentiellement basé sur des déclarations alléchantes mais qui, a posteriori, se révèlent insipides au goût des populations. Il n’a pas cessé de multiplier les promesses à chaque nouvelle occasion. À la veille du nouvel an, à date de l’accession à la souveraineté nationale, à la journée du travail, de la femme et de la jeunesse, l’actuel locataire du Palais de bord de mer s’est toujours autoobligé à promettre monts et merveilles aux Gabonais.


Il est de notoriété publique qu’Ali Bongo aime faire des promesses. Il promet la lune, il promet le soleil. Il lui arrive même de promettre le ciel avec tous les anges dedans. C’est devenu presque une manie, une addiction de recourir systématiquement aux promesses pour convaincre. Depuis son arrivée à la tête de l’État, il en a déjà fait plus d’une centaine, mais seulement moins d’une dizaine ont été tenues. C’est un homme de parole, certainement pas un homme d’actes. Il fait ce qu’il ne dit pas et dit ce qu’il ne fait pas. Découvrez dans cet article les morceaux choisis des promesses non tenues à ce jour par celui qui est surnommé « The King of Maquettes ».


5 000 logements par an

L’une des promesses de campagne d’Ali Bongo en 2009 était sans doute la construction de 5 000 logements par an dès son accession à la magistrature suprême. D’ailleurs, celle-ci occupe une place prépondérante dans son Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE) dont la livraison est prévue pour 2025. Cela semblait bien rejoindre son vœu de n’ « être heureux que lorsque les Gabonais seront heureux », parole de Maître Renard. « Tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute », nous enseigne La Fontaine. Qui veut aller au Paradis, séduit les anges.

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10 000 emplois par an

Depuis 2017, Ali Bongo promet des nouveaux emplois chaque année. 10 000, pour être exact. L’an dernier, il a promis créer 30 000 nouveaux emplois grâce à l’industrie du bois dans les 5 ans à venir. Une promesse qui a fait réagir la classe politique, observateurs de la société civile et les internautes.

En 10 ans, il a supprimé beaucoup plus d’emplois qu’il n’en a créé, en réalité. Avec les mesures d’austérité annoncés en 2018, certaines administrations et cabinets ministériels ont dû revoir leurs effectifs en baisse pour « réduire le train de vie d’un État asphyxié » (sic). Une année plutôt, « dans la poursuite de la mise en œuvre du Plan de relance économique », imposé et soutenu par le Fonds Monétaire Internationale (FMI), le Gabon avait décider de geler les recrutements à la fonction publique pour 3 ans.

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La résidence Oyo

Le président gabonais, Ali Bongo Odimba, avait annoncé en 2015, lors d’un discours prononcé à l’occasion du 55e anniversaire de l’Indépendance, qu’il avait décidé de partager l’héritage de son père Omar Bongo Ondimba, décédé en 2009, avec la jeunesse gabonaise . « Au nom des enfants » d’Omar Bongo, Ali Bongo a annoncé que la résidence Oyo, une propriété familiale située à Libreville, aux Charbonnages près du Camp de Gaulle serait cédée à l’État et dévolue à l’implantation d’une Université.

6 ans après, rien ne présage le moindre changement. « Une poudre aux yeux », dénonce la jeunesse dupée une énième fois. Promettre sans y être obligé et ne pas tenir sa promesse in fine, il n’en faut pas plus pour ruiner sa propre réputation. Jeunesse sacrifiée!

Priorisation de l’éducation et la santé

Sur un plateau de télévision pendant la campagne présidentielle 2009, Ali Bongo avait déclaré qu’une fois élu, il ne ménagerait aucun effort pour améliorer les conditions d’apprentissage et de santé dans le pays. Il avait même promis 3 doigts au ciel, juré et craché qu’il n’aura jamais besoin de se rendre à l’étranger pour des raisons médicales car il munirait  les hôpitaux d’équipements sophistiqués. Il faut faire le tour des structures sanitaires aujourd’hui pour   constater le fossé entre la parole et l’acte.

Par ailleurs, Ali Bongo avait annoncé la construction des nouvelles universités à Mouila, à Oyem et à Port-Gentil. Subséquemment, des maquettes ont été présentées aux populations. Plusieurs années après, les travaux n’ont toujours pas avancé d’un iota. Ce qui lui a valu l’appellation de « The King of Maquettes ».

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Le nouvel aéroport

Ali Bongo participait 2017 aux cotés des présidents de Gambie et de Guinée-Bissau à l’inauguration par le président Sénégalais Macky Sall de l’imposant Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Ce nouvel aérogare qui fait près de 3 fois l’actuel aéroport de Libreville, a fini par inspirer un Ali Bongo admiratif qui, interrogé par la télévision nationale sénégalaise, avait promis un nouvel aéroport aux Gabonais dans les 3 ans à avenir soit d’ici à 2020.

Ça fait 4 mois que l’année 2020 s’est écoulée. Et aucun Gabonais ne peut véritablement témoigner avoir vu une brique sortir de terre sur le lieu prévu pour la construction du nouvel aéroport. Alors que 2025 se pointe à l’horizon, les choses semblent déjà cuites. Nous sommes tentés de croire que ces nombreuses promesses non tenues étaient en fait des poissons d’avril présidentiels.