Après la révolution des feuilles de manioc, — manifestation à caractère politique visant à contester les résultats de l’élection présidentielle de 2016 — les Gabonais ont lancé cette semaine la révolution des casseroles en signe de protestation contre les nouvelles mesures restrictives du gouvernement liées à la pandémie du Covid 19. Quelles sont les origines de ce mouvement de contestation pacifiquement bruyant ? Reportage.

Les casseroles sont des ustensiles de cuisine à fond plat et à bords hauts, généralement utilisé dans la confection de recettes à base de liquides. Ils produisent un bruit strident et gênant. C’est la méthode pacifique que les Gabonais ont choisi pour décrier les mesures gouvernementales iniques et uniques en leur genre. Mais quelles sont les origines de cette révolution ?

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Il s’agit en fait d’une manifestation politique en réaction à l’emprisonnement des anciens ministres catalans en septembre 2017 par le tribunal espagnol. De nombreuses cassoladas s’étaient organisées depuis la mi-septembre pour protester contre les répressions autour du référendum.

Le mouvement tire son origine de Twitter, où les sympathisants indépendantistes se sont accordés pour taper sur des casseroles à 22 heures précises afin de montrer leur mécontentement.

La casserolade est née en Algérie à l’époque française en 1962. Les Français pieds-noirs tapaient à leur fenêtre sur des casseroles afin de protester contre l’indépendance de l’Algérie. On retrouve aussi des casserolades dans les années 1970 au Chili et en Argentine pendant la crise économique de 2001 et au Canada durant les manifestations étudiantes au Québec de 2012.

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En 2016, Jérôme Skalski publie un livre intitulé La Révolution des casseroles: Chronique d’une nouvelle constitution pour l’Islande. Sous forme de chroniques, Jérôme Skalski rend compte de la « Révolution des casseroles » en Islande. Suite au déclenchement de la crise financière internationale à l’automne 2008, l’Islande a choisi de tourner le dos à la « doctrine d’austérité » qui forme actuellement le lieu commun dominant des politiques de gestion de l’après-crise.
Passée du statut de laboratoire de la finance triomphante à celui du symbole de sa déroute, l’île nordique fut tout d’abord l’objet d’un mouvement de protestations aux conséquences inattendues. La presse internationale s’enflamma. On parla bientôt d’une « Révolution des casseroles » pour décrire les événements qui s’y déroulèrent et qui aboutirent en quelques semaines à la démission de son gouvernement et à l’anticipation d’élections législatives. Première dans l’histoire islandaise, une gauche armée d’ambitions réformatrices radicales, sous la pression de la société civile, arrive au pouvoir.

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Les chroniques de Jérôme Skalski offrent une analyse précise de la révolution islandaise ! Au regard des circonstances, la révolution ainsi contextualisée aura-t-elle un écho favorable auprès des gouvernants têtus qui ne pensent qu’à en mettre plein les poches ? — Time will tell !