Le e-commerce (ou commerce électronique, en français) regroupe l’ensemble des transactions commerciales s’opérant à distance par le biais d’interfaces électroniques et digitales. Le e-commerce englobe donc essentiellement les transactions commerciales s’effectuant sur Internet à partir des différents types de terminaux sur des sites e-commerce ou applications mobiles marchandes.

Au Gabon, la notion d’e-commerce demeure encore un mystère entretenu et un concept approprié par les entrepreneurs pour plusieurs facteurs.

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Le manque de culture web

Les Gabonais aiment, certes, les réseaux sociaux mais très peu d’entre eux sont familiers aux outils numériques qui les environnent. Très peu disposent d’une adresse email ou s’ils l’ont, ils ont oublié le mot de passe ou consultent leurs mails deux (2) par mois, en moyenne. D’autres ne connaissent même pas qu’est-ce qu’un lien URL ou comment faire une recherche web pour trouver la meilleure boutique en ligne.

Par ailleurs, une infime partie de la population dispose d’une carte électronique prépayée. Ce qui rend encore plus difficile le processus d’achat en ligne.

Les outils manquants et l’environnement inadapté

Au Gabon, l’internet est encore un luxe et les outils informatiques presque inexistants. Seulement les ménages les plus aisés peuvent s’offrir une connexion internet illimitée à la fibre optique. Beaucoup se contentent des forfaits de 20 méga octets (Mo) pour échanger avec leurs proches sur les réseaux sociaux.

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Sur le plan local, il n’y a vraiment pas de solution de paiement en ligne et les coûts d’acquisition et les frais d’entretien des cartes prépayées Visa et MasterCard ne sont pas à la portée de tous. Il demeure impossible, à ce jour, de retirer de l’argent par PayPal au Gabon et les services mobile money cassent le tunnel de vente. Il faut parfois sortir du site et composer un code USSD pour faire un achat. Ce qui n’est pas très pratique.

Le e-commerce est un tout. C’est l’ensemble des étapes entre l’arrivée d’un client sur un site de commerce électronique et la validation d’une commande. Au Gabon les alternatives sont les Bons Wazes à Diler (BWD). Toutefois, ces plateformes sont bondées des personnes peu recommandables.

La mauvaise foi des e-commerçants et des clients

En matière de commerce électronique, les Gabonais sont très contraignants. Peu d’entre eux sont capables de dépenser de l’argent pour un article qu’ils n’ont pas encore soumis aux différents tests.

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La majorité de la population préfère faire les boutiques, essayer l’article et voir s’il est défectueux ou fonctionnel. C’est une question d’assurance. La mauvaise foi de certains e-commerçants amènent les clients à être plus réfractaires aux produits et services proposés sur internet. Vous pouvez commander un smartphone flambant neuf et vous faire livrer un « chat mort », un appareil reconditionné en mauvais état.

Par ailleurs, certains vendeurs ont vu leurs livreurs se faire balader parce que le client a désisté à la dernière minute et ne souhaite plus acheter l’article.

L’absence d’une réglementation du secteur

Le manque d’un cadre juridique régulant les transactions en ligne conforte la méfiance des clients. À ce propos, dans l’optique de doter le secteur de l’économie numérique gabonais des outils juridiques indispensables à son développement, le gouvernement avait approuvé un projet de loi portant réglementation des transactions électroniques en République Gabonaise, au cours du conseil des ministre du 21 juin 2017. À ce jour, nous ignorons si le texte est rentré en vigueur et connu de tous les acteurs du secteur.

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Le projet de loi visait principalement « la mise œuvre d’un environnement juridique conforme aux bonnes pratiques internationales et aux normes communautaires dans le domaine des transactions électroniques.» — indique le communiqué final du conseil de Ministres.

Un système d’adressage qui ne facilite pas les livraisons

En règle générale, lorsque vous commandez en ligne et vous payez également pour la livraison, votre commande est censée être livré au seuil de votre porte. Au Gabon, vous vous demandez et demandez à être livré à 10 heures derrière l’hôpital vers la pompe publique après le gros manguier, le livreur se pointe à 11 heures 20 minutes. Pire, il vous demande de venir prendre votre colis au carrefour. Était-ce une livraison au carrefour ou une livraison à domicile ?

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Malheusement, au regard de ces nombreuses insuffisances, beaucoup de choses restent encore à faire afin de parfaire ce secteur dont le potentiel est encore très mal exploité.