Promouvoir le mérite et l’excellence, tel semble être le nouveau leitmotiv de Daouda MOUNGIAMA, Ministre de l’Éducation Nationale qui cumule désormais ses fonctions avec celles de du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

En effet, lors d’une conférence de presse donnée à l’Université Omar BONGO ONDIMBA (UOB), le successeur de Jean de Dieu MOUKAGNI IWANGOU a déclaré:

Seuls les étudiants les plus brillants et les plus jeunes pourront intégrer l’Université Omar BONGO.

Des critères de sélection harvardiens qui ne trouvent pas l’assentiment de tous les acteurs de l’éducation. Des réactions discordantes voire dissidentes ont commencé à émerger au sein de l’opinion.

Lire aussi:  Me Fabien Méré a répondu à l'appel de la grande faucheuse. RIP!

Tandis que l’UOB est raillée sur la toile comme étant un cimetière intellectuel, notamment avec la reformulation hilarante de Cimetière Omar BONGO (COB), le nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur semble avoir les pieds sur terre, la tête dans les nuages et l’âme en divagation.

Le COB, anciennement UOB, est un repère des infortunés, une destination pour les étudiants des familles défavorisées. C’est le dernier choix lorsque tout a raté ailleurs. Tout le sait et le Ministre feint de l’ignorer. Même s’il est vrai que le COB regorge de matière grise et d’étudiants exceptionnels, le climat qui y prévaut force plus d’un à prioriser les établissements supérieurs privés et très peu y sont encore par choix naturel.

Vouloir faire de l’UOB une université à l’image de Harvard, nécessite de poser les préalables, car cette mesure aura du mal à passer en l’état — estime Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA président de l’ONG Educaf qui milite pour l’éducation.

L’appellation de Première Université du Gabon ne repose aucunement sur le fait que le COB soit la plus prestigieuse de toutes, ni sur ses effectifs pléthoriques avoisinants 1000 étudiants par amphithéâtre en Faculté de Droit et Sciences Economiques (FDSE) principalement, mais sur son ancienneté par rapport aux autres. Il apparaît donc pour beaucoup d’observateurs comme un génocide intellectuel d’envoyer les étudiants les plus jeunes et les plus brillants dans cet univers qui n’est pas tout à fait prêt à les accueillir et à favoriser leur épanouissement intellectuel.

C’est comme envoyer un enfant qui apprend à marcher avec une calebasse d’eau sur un chemin glissant.

Qu’adviendra-t-il des étudiants plus âgé et des moins brillants ? Voici une question qui vaut son pesant d’or.